Le Gabon au coeur de la lutte régionale contre la corruption

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Le Gabon au coeur de la lutte régionale contre la corruption

Afin de lutter efficacement contre la corruption qui gangrène les économies de l’Afrique centrale, 10 pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ont organisé à Libreville une rencontre qui leur permettra de mettre en place un Réseau des institutions nationales de lutte anticorruption (Rinac). Les institutions nationales anticorruption de tous les pays membres ont décidé de mettre en synergie leur compétence afin de renforcer leur action.

 

La cérémonie d’ouverture de cette rencontre interrégionale a été présidée par le premier vice-Premier ministre, chargé de la Justice, Séraphin Moundounga, représentant le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, empêché. “La criminalité qui exploite la fongibilité des frontières, aggravées par les évolutions technologiques, est devenue une menace sécuritaire multiforme dont les tentacules ne peuvent être contrôlées et anéanties par des actions cloisonnées de chaque Etat”, a estimé ce dernier. Aussi s’est-il félicité du projet de la «mise en réseau d’organismes nationaux de lutte contre la corruption de l’espace sous-régional d’Afrique centrale” et que les “parties déviantes peuvent mieux être handicapées grâce aux mécanismes synergiques que vous mettriez en place.”

 

Cette réunion technique est le fruit d’une étude réalisée par la CEA suite aux recommandations d’un groupe d’experts de la sous-région, réuni à Yaoundé au Cameroun en octobre 2010, suivie d’un atelier de validation du rapport de l’étude de faisabilité pour la création d’un réseau des institutions nationales anticorruption en Afrique centrale tenu à Libreville(Gabon) en novembre 2012. Le Réseau permettra entre autres, de renforcer les capacités de ses membres, d’accroître le partage de connaissances, d’informations et de bonnes pratiques afin de mieux lutter contre la corruption dans la sous-région.

 

Au cours de la réunion, des experts des pays de l’Afrique centrale, de la CEA, de la Commission de la CEMAC, du Secrétariat général de la CEEAC, de la Commission de l’Union Africaine, de la BAD, du PNUD, de la Banque mondiale et d’autres institutions partenaires se sont penchés sur plusieurs documents dont un premier plan triennal du RINAC. Ce plan qui couvrira la période 2015-2017 sera axé sur la création de la visibilité du Réseau, l’établissement de sa crédibilité et le développement de ses dispositions institutionnelles.

 

Originaire du Burundi, Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques affirme que la longévité au pouvoir des dirigeants de l’Afrique centrale fait de la corruption une véritable arme du pouvoir. “Malheureusement, en s’éternisant au pouvoir, regrette-t-il, ils instaurent ces systèmes corrompus qui deviennent des monstres et des fardeaux sur les peuples.” Le RINAC a pour mission de mettre en synergie les moyens et les informations pour combattre efficacement la corruption, un fléau qui fait perdre à l’Afrique centrale, 40% par an de ses ressources. En dehors de la corruption à l’intérieur des Etats membres cette association vise à mettre l’accent sur la lutte transfrontalière de la corruption afin d’éviter que les criminels financiers sillonnent librement et sans être inquiéter les différents Etats de la région.

 

En reprise d’études dans le journalisme après avoir beaucoup voyagé, notamment au Gabon, pays dont la beauté, la culture et l’organisation politique l’ont fasciné, Daniel Pingeot profite de son temps libre pour publier ses premières piges. C’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers le-gabon.net dès le lancement du site.

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