Un Parti démocratique gabonais affaibli par les départs ?

Politique

Un Parti démocratique gabonais affaibli par les départs ?

A moins d’un an de la présidentielle, les départs se multiplient au sein du parti au pouvoir. Parmi eux, Léon-Paul Ngoulakia, cousin d’Ali Bongo, directeur de la Caistab et ancien patron des services de renseignement.

C’est via les réseaux sociaux qu’on a appris la démission de Léon-Paul Ngoulakia du Parti démocratique gabonais. Une lettre manuscrite écrite à l’attention du secrétaire exécutif du Parti circulait sur Internent. Présentant sa démission pour « des raisons personnelles », la lettre a été signée le 16 octobre par Ngoulakia, ce qui a été attesté par ses intimes.

Cependant, la démission de l’ex-patron de la Caistab (Caisse de stabilisation et de péréquation) n’a pas été officialisée par le Parti mais confirmée plutôt par la déclaration de son oncle, patriarche de la famille Dabany et président du Centre des libéraux réformateurs Jean Boniface Assélé. Dans son intervention du 19 octobre, il déclare qu’il a appris la démission de son neveu sur les réseaux sociaux et condamne « sans réserve, avec la plus grande énergie l’acte solitaire qu’il vient de poser et qui par ailleurs n’engage que lui ».

Les cercles proches du dossier indiquent que Léon-Paul Ngoulakia n’était pas d’accord avec les reformes imposées par le gouvernement à la Caistab, institution publique gabonaise en charge de la filière café-cacao. Certaines sources signalent également que cette démission est due aux tensions du passé entre lui et le directeur du cabinet du président de la République, de même que ses désaccords avec son cousin, Ali Bongo.

Par ailleurs, le 26 octobre Léon-Paul Ngoulakia, également ancien secrétaire général du Conseil national de la sécurité, a mis fin à ses fonctions de Directeur général de la Caistab, ayant été remplacé par Ismaël Ondias Souna, responsable du développement de l’activité d’investissements directs au sein du Fonds Gabonais d’Investissements stratégiques.

Pourtant, la démission du cousin d’Ali Bongo n’est pas une première. Auparavant, des démissions ont été présenté l’ancien Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane et les ex-ministres Emile Doumba et Antoine Yalanzele.

Certains parmi eux n’ont pas quitté la politique définitivement : comme, par exemple susmentionné Jean-François Ntoutoume Emane qui a rejoint le Mouvement patriotique et démocratique pour la refondation de la République (MPDR) ou bien Jean Ping, ancien ministre et président de la Commission de l’Union africaine qui a pris des fonctions au sein de l’Union pour la liberté et le progrès, soutenu également par d’autres démissionnaires : René Ndémézo’o Obiang, Jean Eyéghé Ndong et Jacques Adiahéno.

Cependant, pas de panique du côté du Gouvernement gabonais. L’affaire est suivie par Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet du président, Paul Biyoghé Mba, l’ancien Premier ministre et Michel Essonghe, conseiller spécial du président qui jouent un rôle d’intermédiaire entre tous les acteurs. A son tour, Léon Paul Ngoulakia, l’ancien chef du Conseil national de sécurité, maintient les contacts avec Marc Ona, opposant au président. Même Patience Dabany (Joséphine Nkama), la mère du chef de l’Etat, contribue aux négociations avec Jean-François Ntoutoume Emane, en essayant de ramener de l’ordre dans la maison.

Pour rappel, le Parti démocratique gabonais (PDG) a été créé après l’indépendance du pays de la France et est aujourd’hui est un pays majeur présent dans toutes les provinces du Gabon. Suite aux élections parlementaires de 2011, le parti détient 113 sièges sur 120 à l’Assemblée nationale gabonaise.

Rédactrice pour diverses publications politiques, Romane Bousso est une citoyenne engagée. Convaincue du potentiel de son pays d’origine, le Gabon, sur la scène internationale, elle milite pour un développement économique et durable rapide mais concerté de ce dernier.

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