Gabon : négociations autour du projet Maboumine

Economie

Gabon : négociations autour du projet Maboumine

Il y a deux semaines, Eramet annonçait qu’il allait mettre entre parenthèses plusieurs de ses grands projets à cause d’une conjoncture difficile. Le groupe semble en passe de revenir partiellement sur sa décision de suspendre pour une période indéterminée le chantier de Maboumine, qui avait suscité de grands espoirs.

 

“Le conseil d’administration a décidé la limitation des investissements industriels ainsi que la suspension des grands projets du groupe”, avait affirmé le P-DG du groupe métallurgique français Eramet, Patrick Buffet. En point de mire, l’un des projets phares du groupe dans le monde. À une quarantaine de kilomètres de Lambaréné (Centre), le projet Maboumine, dont le gisement recèle d’immenses richesses : du niobium (utilisé dans la fabrication des aciers et de superalliages), des terres rares, du tantale (présent dans les composants électroniques), et de l’uranium.

 

Cette nouvelle n’avait pas ravi le gouvernement gabonais, qui mise sur la diversification de son économie, essentiellement tournée vers le pétrole. Ce dernier espérait voir ce gisement exploité au plus vite. Depuis 2011, une centaine de chercheurs travaillent à la mise au point d’un procédé innovant de valorisation de ces métaux, 200 millions d’euros ont déjà été injectés dans différentes études et le coût total du projet (mise en exploitation du gisement et lancement d’une usine de transformation) est estimé à 3,5 milliards d’euros.

 

Il faut signaler qu’entre temps, la Comilog (possédé par l’état gabonais à près de 30 %) avait augmenté considérablement sa participation dans le capital de ce qui était appelé à devenir un géant minier. De 60% en 2011, la filiale gabonaise d’Eramet était récemment montée à 76% d’actions. Sur le papier, les perspectives étaient prometteuses, aussi bien en termes d’avantages économiques et financiers qu’en matières d’emplois créés.

 

A l’instar de tous les autres grands groupes miniers du monde particulièrement impactés par les cours du Nickel et du Manganèse en déliquescence, Eramet connait depuis une quinzaine d’années à ce jour, le plus bas niveau des cours des métaux. En conséquence, le groupe métallurgique a essuyé sur les six premiers mois de cette année une perte nette part du groupe de 83 millions d’euros et une perte opérationnelle courante de 70 millions d’euros. Le gouvernement a ouvert des négociations le 21 octobre à Libreville afin de remettre le projet sur pieds.

 

D’après une autre source minière proche du dossier, “avec Maboumine, on a un peu le même problème qu’avec Belinga [immense gisement de fer dans le nord-est du Gabon, pour lequel plusieurs investisseurs intéressés se sont successivement désengagés]. Pour absorber les coûts d’un tel projet, il faudrait un consortium d’entreprises. Eramet peut difficilement les supporter seul.”

Pourquoi le Gabon ? Pourquoi écrire sur ce pays ? On s’en fera une petite idée en apprenant que Céline Meriault y a vécu une partie de son enfance, et en a conservé d’excellents souvenirs. Aujourd’hui journaliste, il lui semble important de mettre un coup de projecteur sur ce pays dont on parle trop peu, bien qu’il soit sur bien des points l’un des plus avancés d’Afrique : développement durable, tourisme, entrepreneuriat, etc.

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