Seydou Kane arrêté à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle

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Seydou Kane arrêté à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle

Hier matin, le 18 novembre Seydou Kane, homme d’affaires gabonais d’origine malienne, a été arrêté à son arrivée à Paris, à l’aéroport Charles-de-Gaulle et placé en garde-à-vue pour 48 heures. Il sera éventuellement déféré ensuite devant un juge d’instruction du tribunal de Nanterre.

 

Selon les sources proches du dossier, Seydou Kane a pris un vol assuré par Air France afin de se rendre à Paris pour affaires malgré les conseils de sa défense qui lui préconisait de ne pas le faire. L’enquête préliminaire contre Seydou Kane, chef d’une entreprise de BTP, a été ouverte en juillet 2007 et menée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIF).

 

Son nom a été évoqué notamment dans l’affaire Maixent Accrombessi, soupçonné de corruption. Il avait été interpelé en France mais libéré après une courte garde à vue le 3 août dernier, ce qui avait provoqué des tensions entre la France et le Gabon. La police française voulait interroger le directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba sur une affaire de « corruption d’agent public étranger et de blanchiment ».

 

L’affaire remonte à l’année 2006 : la police française met en question des virements de plus de 300 000 euros effectués par la société française Marck sur un compte monégasque de la société gabonaise CITP, gérée par Seydou Kane, proche de Maixent Accrombessi. Il s’agissait de virements dans le cadre d’un contrat de 7 millions d’euros d’uniformes militaires et de matériel anti-émeutes, que la justice française a considérés « problématiques ». Le dirigeant de la société française Philippe Belin avait été également mis en examen. Par ailleurs, pour l’avocat de Maixent Accrombessi, son client ne pouvait pas jouer un rôle dans cette affaire : « A l’époque, il était une personne privée ayant une activité de consultant et ça n’a rien à avoir avec les fonctions qu’il occupe aujourd’hui à la présidence de la République du Gabon. A l’époque, ça ne faisait pas de lui, et ça a une importance en droit, un agent public étranger ».

 

La justice française dénombre six virements douteux d’un montant total de deux millions d’euros versés par le groupe Marck, cette fois à une société béninoise AIKM, gérée par Maixent Accrombessi. L’enquête porte alors sur la corruption d’agent public étranger et pour blanchiment d’argent.

 

D’ailleurs, le patron de la société française Marck, Philippe Belin, avait déjà été mis en examen en 2014 pour une affaire similaire « Tomi ». Selon la police, il a été impliqué des malversations financières au Mali et au Cameroun.

 

Les enquêtes sur ces affaires sont en cours et sont menées en France par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Nul doute que ce nouveau développement devrait faire du bruit au Gabon et en France.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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