« Opération place nette » dans les milieux financiers gabonais

Economie

« Opération place nette » dans les milieux financiers gabonais

Tout laisse à penser que cela restera dans l’histoire économique du Gabon comme un véritable coup de tonnerre. Une catastrophe qui a touché plus de 900 petits épargnants, floués à hauteur de 14 milliards de francs. C’est l’établissement de micro-crédit Bâtisseuse de Richesse, plus connu sous le nom de de micro-crédit BR Sarl, qui en est responsable, et qui est désormais dans le collimateur de la justice. La société va bien sûr devoir rembourser ses clients, et elle s’y est engagée. Mais cette tragédie soulève immanquablement de plus larges questions concernant la santé et la viabilité des entreprises de micro-crédits gabonaises.

Ce sont désormais les services de ministère de l’Economie qui s’activent et montent au créneau. Les uns après les autres, les sociétés de micro-crédits sont minutieusement contrôlées, et souvent de façon inopinée. Pas moins de 50 dirigeants de sociétés ont été interrogés, 47 structures d’épargne ont également été visitées, et le gouvernement compte bien ne pas s’arrêter là… Ainsi, toutes les sociétés n’ayant pas reçu d’autorisation récente de la Commission bancaire de l’Afrique centrale sont à présent dans l’illégalité, et vont, de fait, devoir s’expliquer. Car l’assainissement du secteur financier est une tâche absolument urgente tant les structures de micro-crédit se sont développées ces dernières années dans le pays, et le plus souvent en totale anarchie. On ne compte plus les établissements de changes et de transferts ayant ouverts leurs portes récemment. Mais si le gouvernement s’est à présent saisi du dossier, il faut souligner la tâche n’est pas aisée, tant le milieu de la micro finance est flou, et les poursuites juridiques souvent malaisées. Le temps joue souvent contre les clients, comme dans le cas de la BR Sarl.

Le projet est de tout faire, évidemment dans les limites légales, pour venir réguler les créations de ce type d’établissement, et encadrer les demandes d’agréments déposées auprès de l’Etat. Sans bien sûr perdre de vue l’objectif principal, qui sera d’assurer un contrôle régulier de la situation économique de chacune de ces structures. Qu’on se le dise. Désormais, c’est bien la globalité du système financier qui est sur la sellette. Mais plusieurs questions se posent alors. A l’instar des clients floués par BR Sarl qui réclame justice et transparence, on ne peut qu’encourager ce type d’initiative. Mais alors, que faire des comptes bancaires saisis, et comment retrouver du travail pour les salariés de ces structures fermées par force de loi ? Dans un contexte d’économise fragilisée par la crise mondiale, ce sont évidemment des sujets sensibles, et rien ne laisse à penser que le gouvernement aura toute latitude à exercer sereinement l’exercice de la loi, tant ces questions clivent et crispent les esprits.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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