Plus de 200 kg d’ivoire braconné saisis à Libreville

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Plus de 200 kg d’ivoire braconné saisis à Libreville

206 kg d’ivoire issus du braconnage de 21 éléphants gabonais ont été saisis dans à Libreville a annoncé mercredi l’ONG Conservation Justice. Cette saisi record intervient alors que les inquiétudes concernant les éléphants d’Afrique sont au plus haut.

 

« Adamou Ba Mamadou et Adamou Nouhou, deux Gabonais, ont été interpellés par les Eaux et Forêts et la police judiciaire gabonaises au moment où ils tentaient de vendre leur marchandise », précise Conservation Justice, une ONG basée à Libreville, qui milite contre l’impunité juridique du braconnage d’espèces menacées. Amadou Nouhou est un agent des Eaux et Forêts, précise l’ONG. Tous deux achetaient l’ivoire dans tout le pays avant de l’exporter au Cameroun, voire vers l’Afrique de l’Ouest (ports de Lomé et d’Abidjan), avant que cet ivoire arrive à sa destination finale en Asie.

 

En juillet, 150 kg d’ivoire avait été saisis à Libreville chez un militaire de l’état-major général des armées, qui a affirmé que les défenses se trouvaient chez lui “à son insu”. L’homme avait été entendu par la police judiciaire avant de ressortir libre. Les saisies d’ivoire braconné étaient montées à 23 tonnes en 2011, ce qui correspond à la mise à mort de 23 000 éléphants. Ces 23 tonnes ne représentent que 10 à 15% du trafic total réel estimé. Tous les experts sont d’accord : si de très urgentes mesures ne sont pas prises immédiatement, l’éléphant d’Afrique pourrait disparaître d’ici une à deux décennies.

 

Le Gabon accueille plus de la moitié des éléphants de forêt d’Afrique, mais subit une pression croissante de la part des braconniers : environ 20.000 pachydermes ont été tués en 10 ans, d’après l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN). Malgré ces signaux forts, malgré des campagnes de sensibilisation importantes et malgré l’extrême urgence de la situation, le trafic est loin d’être en baisse, il serait même en expansion. Des organisations non-gouvernementales œuvrent à la protection des espèces mais se sentent impuissantes et seules face à l’ampleur et la complexité de ce trafic meurtrier.

 

C’est un fort lobbying exercé pendant des années qui a fait flancher les décisions de l’ONU. Ce sont en effet, les Nations Unies qui ont autorisé certains pays comme le Japon ou la Chine à acheter à nouveau de l’ivoire à différents états Africains, à partir de 1997. Les réglementations autour du commerce légal « protégerait » ainsi le commerce illégal, le premier fournissant une excellente couverture au second.

Journaliste sportif pour les pages football, tennis et basket de journaux français, Nicolas Mukanga s’intéresse aussi de près à la vie de son pays d’origine, le Gabon, sur lequel il décide de lancer un pure player courant 2015, en compagnie de François Jamet.

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