Avis contrasté pour la Banque mondiale

Economie

Avis contrasté pour la Banque mondiale

La crise économique n’a pas épargnée le Gabon depuis ces derniers mois, et il ne serait tartufferie que de nier cette situation, tant le pays a souffert d’un profond ralentissement économique, qui s’explique également en partie par la chute brutale du cours des matières premières. Dans un pays dépendant essentiellement de ses ressources naturelles comme l’est le pays du perroquet gris, les fins de mois sont désormais difficiles pour tout le monde, et le sujet préoccupe de plus en plus les instances internationales.

 

La Banque mondiale vient, en effet, de rendre publique une analyse approfondie, tant sociale qu’économique, de la situation de la nation d’Ali Bongo. Et le moins que l’on puisse dire est que l’instance internationale n’est pas tendre avec le Gabon. Ses Cahiers Economiques pointent en effet du doigt tout un panel de situations plus anxiogènes les unes que les autres. Remisés au placard désormais les ambitieux « Plan Stratégique Gabon Emergent » et autres enthousiasmes économiques, héros du temps du pétrole roi, époque faste où le Gabon pouvait se targuer de bénéficier amplement de cours du pétrole hauts et stables. L’heure est à présent au bilan et à l’introspection.

 

Une introspection en demi-teinte pour le rapport de la Banque mondiale, que les Gabonais viennent de découvrir, à l’instar du reste du monde, le 16 décembre 2015. Le rapport indique tout d’abord que de nombreux secteurs, comme l’industrie du bois, ou le BTP, ont subi d’importantes contractions, dû au fort ralentissement économique. Il note également que le solde budgétaire global du pays pourrait atteindre un inquiétant déficit de plus de 3 %, ce qui obligerait à accentuer la demande d’euro-obligations, solution qui n’est jamais une excellente nouvelle pour une nation qui souhaite une indépendance économique affirmée et n’a jamais fait abstraction de ses ambitieux projets sociaux et financiers. Dans les ombres au tableau, il faut également prendre en compte la mise en place d’un Fond de Stabilisation des recettes extractives – et en premier lieu, d’aucuns s’en doutent – le pétrole. Preuve, une fois de plus, que l’économie gabonaise, aux yeux de la Banque mondiale, reste fragile.

 

Toutefois, tout n’est pas morose selon la Banque mondiale. Ainsi, l’organisation internationale indique que les difficultés de la croissance gabonaise n’ont pas – ou peu – affecté le marché de l’emploi. Les destructions d’emplois ont en effet été compensées par d’autres créations, dans différents secteurs, comme Olam, ou encore Comilog, selon le rapport. Il faut savoir raison garder : si le rapport des Cahiers Economiques peut être parfois assez sévère (et la critique sur la pression des denrées alimentaires en fait partie), c’est un outil également extrêmement juste et, pour beaucoup d’observateurs, tant Gabonais que sur la scène internationale, particulièrement porteur d’espoir.

 

Ainsi, ce rapport se veut au-dessus des querelles partisanes. Il se veut un compte-rendu honnête, et impartial, de la situation économique, financière et sociale du Gabon. Et c’est ainsi qu’il faut le prendre, laissant à côté les aigreurs et les fiertés mal placées. C’est comme cela que cette étude sera bénéfique au pays : et à ce sujet, l’étude consacrée au manque de système de protection sociale (qui constitue la troisième et dernière partie du Rapport) est un point véritablement crucial, qui dit beaucoup de l’état préoccupant du tissu social de la République Gabonaise. Il y a une nécessité à protéger les plus démunis, les faibles, et les malades : c’est une tâche de l’Etat-providence que le rapport met en lumière, et cette dernière recommande une plus forte implication des pouvoirs publics en la matière. De quoi alimenter l’énergie gabonaise et les volontés de chacun de s’atteler dès maintenant, en toute connaissance de cause, aux racines du problème, et ce sans arrière-pensées ni mauvaises humeurs.

En reprise d'études dans le journalisme après avoir beaucoup voyagé, notamment au Gabon, pays dont la beauté, la culture et l'organisation politique l'ont fasciné, Daniel Pingeot profite de son temps libre pour publier ses premières piges. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers le-gabon.net dès le lancement du site.

0 Comments

Donner son avis