Succès mitigé pour le « lundi noir » à Libreville

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Succès mitigé pour le « lundi noir » à Libreville

Le président du parti d’opposition Alliance pour un nouveau Gabon (ANG) Davin Akouré s’est félicité du succès de son appel aux Gabonais pour venir au travail en noir afin de protester contre les violences policières et l’injustice sociale. Le Gouvernement par, lui, alors d’un échec.

 

Selon le leader de l’ANG, qui a donné la conférence de presse lundi juste devant le siège de l’Assemblée nationale, cette manifestation a été « très suivie ». « Beaucoup de Gabonais ont adhéré à l’initiative, nous voulons les féliciter », a-t-il déclaré. « Notre objectif n’était pas de paralyser l’administration ni de convoquer une vaste manifestation de rue mais d’inviter les gabonais à aller tranquillement à leur poste de travail en tenue noire ». Mais plus qu’une simple manifestation contre les violences policières, c’était aussi selon le chef de l’ANG « l’expression du peuple qui est en marche pour l’alternance au pouvoir au Gabon ».

 

L’appel à la protestation a été lancé par David Akouré suite à des violences policières. En octobre dernier les commerçantes gabonaises ont protesté contre des abus d’agents de police qui les rackettaient quotidiennement au marché. Pour exprimer leur mécontentement les femmes ont fait la marche… nues. Interpellées par la police, elles ont été filmées dans la cour du commissariat central de Libreville. La vidéo a été diffusée sur Internet par un policier et a fait le tour du monde. L’agent qui était à l’origine du post, a été immédiatement suspendu de ses fonctions et a été présenté devant le conseil de discipline.

 

Le mois suivant une autre affaire a fait grand bruit : un jeune marchand s’est immolé par le feu suite à la confiscation de sa marchandise et son refus de payer le pot-de-vin aux policiers. Il s’est présenté à la préfecture pour récupérer ses produits, mais laissé sans réponse, il s’est aspergé d’essence, avant d’être hospitalisé au centre médical pour de graves blessures.

 

L’ANG a initié alors cette marche pacifique, en estimant que le remplacement du commissaire de police de Libreville, mesure prise par le Gouvernement, est insuffisant. La réussite de l’initiative est remise en cause par le Gouvernement : « M. Akouré Davin s’ennuie… Il a réussi à rassembler avec grand peine une centaine de personnes. Il peut se réjouir que c’est un succès, mais c’est un succès à ses propres yeux car Libreville c’est plus de 700 000 personnes », a répliqué le ministre de la Communication Alain Claude Bilie By Nze.

 

Ce n’est pas la première tentative de mobilisation de la société civile contre les violences policières : les manifestants ont tenté de faire une marche pour attirer l’attention de la communauté internationale vis-à-vis de l’abus supposé de certaines autorités au Gabon. Les acteurs ont saisi par la suite l’ONU et l’Union africaine pour dénoncer des abus dans un mémorandum écrit à ces instances.

Journaliste reporter d’images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l’actualité à l’écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd’hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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