La baisse du baril de pétrole se fait sentir

Economie

La baisse du baril de pétrole se fait sentir

La chute continue des prix du pétrole au niveau mondial a un impact direct sur l’économie gabonaise. En effet, le budget de l’Etat est encore très lié au cours de l’or noir et les prix affichés constituent une mauvaise nouvelle pour les finances publiques. Le gouvernement a fait voté deux lois de finances rectificatives afin de prendre en compte une situation macroéconomique qui se détériore. Une décision saluée par le FMI qui juge possible un retour d’une croissance forte à moyen terme.

 

Alors que les automobilistes ne grimacent plus lorsqu’ils font le plein, l’Etat gabonais fait grise mine face à la chute du prix du pétrole. La crise des hydrocarbures frappe de plein fouet les pays exportateurs dans ce qu’on peut désormais appeler un grand jeu d’échecs mondial. Pourquoi les prix baissent-ils depuis plusieurs mois alors que nombre d’experts prédisaient encore il y a peu un pic pétrolier ? Deux raisons majeures permettent de comprendre une situation difficilement prévisible. D’un côté le ralentissement de la croissance chinoise a fait chuter le cours des matières premières avec le pétrole en tête. De l’autre, la montée en puissance du gaz de schiste américain, l’arrivée du pétrole iranien sur les marchés mondiaux et l’absence de consensus des pays de l’OPEP pour diminuer l’offre accélèrent la baisse des prix.

 

Aujourd’hui, seuls deux pays exportateurs peuvent encore se permettre une telle chute des cours : le Koweït et l’Arabie Saoudite. Cette dernière est d’ailleurs la clé de l’ensemble du système. En jouant sur la baisse des prix, l’Arabie Saoudite met en difficulté les producteurs américains de gaz de schiste et ruine l’économie de la Russie avec laquelle elle est en conflit larvé en raison de la guerre en Syrie. Tous les autres producteurs se retrouvent dans une situation très inconfortable. Le Gabon ne fait pas exception et le budget de l’Etat a dû être révisé. En 2015, le budget de l’Etat a été réduit de 422 milliards de francs CFA par rapport à l’année précédente. 2016 connaîtra une baisse (moins importante) de l’ordre de 26 milliards de FCFA.

 

Ces coupes se font sentir, mais sont nécessaires pour que l’Etat garde une certaine marge de manœuvre et ne soit pas emporté dans la tourmente des déficits et de la dette publique. Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) a d’ailleurs loué les efforts du Gabon à l’occasion de la visite de Montie Mlachila, conseillère départementale Afrique du FMI. « Les efforts entrepris par les autorités gabonaises par notamment, l’adoption des lois de finances rectificatives 2014 et 2015 et la présentation au parlement d’une autre loi de finances récente » sont très positives et établissent les bases d’un retour à une forte croissance prochainement. Si jamais le cours du brut venait à remonter au cours de l’année 2016, nul doute que le Gabon et sa gestion saine des finances publiques sera en première ligne pour renouer avec une croissance à deux chiffres.

Journaliste sportif pour les pages football, tennis et basket de journaux français, Nicolas Mukanga s'intéresse aussi de près à la vie de son pays d'origine, le Gabon, sur lequel il décide de lancer un pure player courant 2015, en compagnie de François Jamet.

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