La Banque de l’habitat au Gabon placée sous l’administration de Marcel Ngazïssao

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La Banque de l’habitat au Gabon placée sous l’administration de Marcel Ngazïssao

La Banque de l’Habitat du Gabon (BHG) a été placée sous l’administration provisoire de Marcel Ngazïssao : la mesure a été mis en place pour redonner une nouvelle dynamique à cette institution.

 

La Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), organe chargé de la supervision des banques de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, a informé dans son communiqué que depuis ce mois de novembre la Banque de l’Habitat du Gabon est administrée par Marcel Ngazïssao. Cette mesure vise à améliorer la gestion d’une filiale de la Banque gabonaise de développement.

 

Selon le communiqué, le nouveau gestionnaire sera chargé d’évaluer la situation économique et de rapporter à la Commission dans un délai de deux mois la possibilité de continuer l’activité. Le cas échéant, il devra proposer à la Cobac un plan de redressement ou de restructuration de la BHG en accord avec les actionnaires de l’institution. Exerçant « tous les pouvoirs d’administration, de direction et de représentation de la BHG », l’administrateur provisoire doit également prendre toutes les mesures destinées à rétablir l’équilibre de l’exploitation, sauf des actes de disposition faisant objet de demande d’autorisation de l’Assemblée générale des actionnaires.

 

La Cobac rappelle toutefois que Marcel Ngazïssao « exerce ses pouvoirs dans la limite de l’objet social et sous réserve de ceux expressément attribués aux assemblées générales des actionnaires ». Sa rémunération sera fixée par la Cobac, qui a l’obligation d’informer la BHG, les autorités gabonaises, ainsi que l’Association de la Banque des Etats dans la Cemac de la désignation.

 

La Banque de l’Habitat du Gabon a été créée en 2005 comme filiale de la Banque gabonaise de développement pour faciliter l’accès aux logements sociaux. La banque propose des crédits avantageux aux ménages à revenus faibles pour permettre leur accès à l’immobilier.

 

La situation dans ce domaine au Gabon demeure assez compliquée car le pays connaît une vague d’urbanisation rapide : 86 % de la population vit actuellement en ville (par rapport à moins de 20 % en 1960), alors qu’il faudrait au moins 10 000 logements par an pour combler le déficit en immobilier en quinze ans. Le manque est estimé à 200 000 unités, selon le ministère de l’habitat. La Société nationale immobilière revendique de son côté que 80 % de la population gabonaise vit dans des conditions difficiles, l’offre en immobilier restant insuffisante.

 

Pour résoudre le problème, l’Etat a lancé le programme de construction de logement social. La livraison de 100 premiers habitats est attendue bientôt sur les sites de Bikélé et Nkok. De plus, le gouvernement s’efforce d’alléger des démarches bureaucratiques pour stimuler des investissements dans la construction des logements (sociaux) ainsi que de faciliter l’accès de la population à des prêts immobiliers. Le bilan des 10 années de fonctionnement de la Banque de l’Habitat du Gabon étant mitigé, il est attendu un nouvel élan significatif de la part du nouvel administrateur.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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