Situation énergétique : quelles perspectives pour 2016 ?

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Situation énergétique : quelles perspectives pour 2016 ?

La production pétrolière au Gabon constitue la principale activité du pays. Avec la chute mondiale du prix de pétrole et la baisse de production nationale, le moment est venu de faire un état des lieux et d’explorer les perspectives pour l’année 2016.

 

Le PIB du Gabon est constitué à 44 % de l’exploitation du pétrole. 83 % des recettes d’exportation et 53 % des recettes budgétaires sont également directement liés à cette richesse. Cette même année le Gabon a pris la 5e place des producteurs pétroliers en Afrique Sub-saharienne derrière le Nigeria,  l’Angola, le Congo (Brazzaville) et la Guinée Equatoriale. Malgré ces statistiques, la production pétrolière est actuellement en déclin : ayant débuté dans les années 1960, la production a atteint son maximum en 1997. Avec quelques chutes et remontées au début du second millénaire, on constate depuis 2012 une baisse progressive de la production : de 18,56 millions de tonnes (record) en 1997, elle a baissé jusqu’à 10,5 en 2013. Selon des prévisions, elle pourra encore tomber jusqu’à 100 000 b/jour en 2024.

 

Pour l’année 2016, les experts du Ministère de l’Economie estiment que la production pétrolière sera de 10,01 millions de tonnes, contre 10,91 par rapport à l’année passée.

 

On trouve plusieurs raisons à cette baisse, internes au pays, aussi bien qu’externes. Les experts expliquent la baisse, premièrement, par le déclin de production des principaux champs pétroliers (à l’instar des champs historiques de Rabi et Gamba (exploités par Shell), où la production pétrolière baisse d’environ 5 % par an en moyenne). La grève des membres du syndicat de l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a également contribué à la chute de la production. L’arrêt des activités des employés a paralysé le pays il y a quelques mois.

 

Autre raison, par laquelle s’explique la chute, selon le ministère de l’Economie, est le mauvais état des infrastructures de production pétrolière, qui engendre des difficultés financières des compagnies du domaine. Par exemple, la capacité de traitement des produits pétroliers de la Société gabonaise de raffinage (Sogara), une des principales compagnies de raffinage au Gabon, ne lui permet pas de couvrir la demande du marché et l’oblige à compléter le manque par des importations.

 

D’autre part, le contexte mondial complique la situation des pays exportateurs de pétrole : le prix de baril a chuté de 115 dollars en juin 2014 à 36 dollars aujourd’hui.

 

Cependant, cette baisse pourrait avoir des conséquences plutôt positives car elle force les Etats à revoir leurs politiques de production énergétique et réformer le secteur pétrolier. « On le voit au niveau des subventions massives sur les prix de l’énergie. On voit ce qui se passe au Gabon par exemple, où ces subventions sur les prix des produits raffinés ont été supprimées, ce qui n’est pas évident à faire pour des populations qui y sont habituées depuis longtemps. Et de ce point de vue-là la chute des prix du pétrole est une chance », présume Francis Perrin, Président du centre de publication Stratégies et Politiques Energétiques dans son interview à RFI.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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