Marie-Christine Ininghouet a tiré sa révérence

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Marie-Christine Ininghouet a tiré sa révérence

Grande présentatrice de la télévision gabonaise passée maîtresse en communication politique, Marie-Christine Ininghouet s’est éteinte ce dimanche 3 janvier alors qu’elle allait fêter son 54e anniversaire. Atteinte d’un cancer à la gorge contre lequel elle s’est battue de longs mois, elle a finalement tiré sa révérence à l’hôpital militaire de Melen. Une grande voix du journalisme s’est tue.

 

Une icône de la télévision gabonaise a rendu son dernier souffle il y a deux jours à Libreville. Marie-Christine Ininghouet est une des figures les plus charismatiques des médias au Gabon et a connu une carrière riche qui a commencé très tôt puisqu’elle n’était pas encore titulaire du baccalauréat lorsqu’elle a été propulsée à l’antenne par Jean-Philippe Oyono en 1981. Repéré un an plus tôt par le directeur des Actualités télévisées à la RTG2, il n’hésite pas à donner les clés du 22 heures à une étudiante en troisième année à l’Institution Immaculée Conception.

 

Surdouée de la télévision, Marie-Christine Ininghouet saute les étapes avec talent pour présenter deux ans plus tard l’édition de 19h30 aux côtés de son pygmalion Jean-Philippe Oyono. Peu après elle présentera seule les éditions du week-end et se fera une place de choix dans le cœur des téléspectateurs. Elle devient l’une des figures les plus célèbres du pays et apporte une présence féminine dans un monde presque exclusivement masculin. Son look androgyne fascine autant qu’il suscite le rejet, mais la force de caractère et le professionnalisme jamais mis en défaut de Marie-Christine Ininghouet en font une figure indéboulonnable.

 

Elle quitte toutefois l’antenne pour poursuivre ses études dans la prestigieuse école supérieure de journalisme (ESJ) de Lille après avoir obtenu une maîtrise d’Histoire à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Omar-Bongo. Son diplôme de journalisme en poche, elle rentre à Libreville en 1989 et reprend sa place au journal télévisé, mais une nouvelle carrière s’ouvre à elle : celle de la communication politique. Appelée par le président de l’Assemblée nationale de l’époque, Marcel Eloi Chambrier, elle se voit confier sa communication entre 1995 et 1997.

 

Lors de sa collaboration avec André-Dieudonné Berre (maire de Libreville à compter de 2003) elle co-crée La Cité Bouge et la Voix de la Cité. Passée par le ministère de la communication, elle termine finalement sa fulgurante ascension à la présidence de la République en tant qu’attaché de presse du Secrétaire général. Marie-Christine Ininghouet est partie et les Gabonais sauront garder en mémoire celle qui a marqué la télévision du pays.

Journaliste sportif pour les pages football, tennis et basket de journaux français, Nicolas Mukanga s'intéresse aussi de près à la vie de son pays d'origine, le Gabon, sur lequel il décide de lancer un pure player courant 2015, en compagnie de François Jamet.

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