Le Gabon cherche et trouve son or

Economie

Le Gabon cherche et trouve son or

La Société équatoriale des mines vient d’annoncer que sa production d’or en 2015 a été de 55 kilogrammes. Une bonne performance qui s’explique par un nouveau partenariat avec la société chinoise Myanning qui a mis à disposition ses procédés d’extraction pour augmenter le rythme de production de la SEM. Ce bilan positif s’inscrit dans un contexte de grande réforme du secteur minier qui voit l’Etat revenir à une situation plus propice pour son budget.

 

Année record pour la Société équatoriale des mines. 2015 s’inscrit en effet comme une année faste avec 55 kilos d’or collectés par la SEM. Cela porte son total à 134 kilos depuis le début de ses activités en 2011. Le partenariat noué avec l’entreprise chinoise Myanning n’y est pas étranger puisque cette dernière a mis en place un processus d’exploitation aurifère semi-mécanisé pour le permis de Miamizez (province de l’Ogooué Ivindo).

 

Forte de ses bons résultats, la Société équatoriale des mines voit encore plus grand pour les années à venir. Une autre problématique est également sur la table : le contrôle de la production artisanale de l’or. Cette production est évaluée à 300 kilos par an et un contrôle plus efficace passe nécessairement par une surveillance du gisement de Bakoudou dont l’exploitation est assurée par la société Managem. Les réserves estimées sont de 280 000 onces et les experts tablent sur un potentiel encore bien plus grand. Le sous-sol gabonais est riche et l’Etat ne souhaite pas être mis en dehors de cette équation. C’est pourquoi un nouveau code minier a été rédigé il y a quelques mois.

 

Ce code donne à l’Etat une participation de droit à toute exploitation de ses ressources. 10 % libres de toute charge et non diluables dans le capital de chacune des sociétés d’exploitation sont attribués automatiquement à l’Etat qui dispose également d’un « droit de participation optionnelle pouvant atteindre jusqu’à 25 % de la société d’exploitation concernée ». Enfin chaque opérateur ne peut exploiter que trois licences et doit commencer ses travaux dans les cinq années qui suivent la signature de la convention sans quoi le permis est automatiquement retiré.

Ce nouvel arsenal juridique anticipe de nouvelles baisses de revenus pour un Etat gabonais qui se repose encore en partie sur l’exploitation des revenus pétroliers. En s’assurant d’un meilleur contrôle de l’industrie minière et en récoltant des fruits plus importants, l’Etat diversifie peu à peu ses rentrées fiscales bien qu’il sache que le dynamisme entrepreneurial, dans les services notamment, constitue à long terme la porte de sortie d’une trop grande dépendance aux hydrocarbures.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

0 Comments

Donner son avis