Quand le braconnage mène à la guerre de l’ivoire au Gabon

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Quand le braconnage mène à la guerre de l’ivoire au Gabon

Le Gabon, qui accueille plus de la moitié des éléphants de forêt d’Afrique et avait la réputation d’être un pays stable pour la faune sauvage, est devenu une nouvelle cible des réseaux de braconniers. Lourdement armés, ils n’hésitent pas à s’en prendre aux garde forestiers nationaux.

 

Le trafic d’ivoire continue d’être la première cause de nraconnage au Gabon. La criminalité transfrontalière de la faune sauvage est pratiquée par des bandes armées lourdement armées à la recherche des pointes d’ivoire, produit très prisé dans les pays d’Asie. Là-bas, un kg de défense d’ivoire coûte environ 2.000 dollars, selon World Wildlife Fund (WWF). En octobre, une patrouille de l’ANPN est tombée nez-à-nez avec des braconniers qui n’ont pas hésité à faire feu. Pour riposter, les gendarmes sont le plus souvent équipés d’un unique pistolet.

 

Entre 2004 et 2012, le Gabon a perdu une population de 11.000 éléphants de forêt d’Afrique. Cette perte est plus prononcée dans le parc national de Minkébé situé au nord du pays. Le Gabon accueille plus de la moitié d’éléphants de forêt d’Afrique qui serait estimée entre 40 000 et 60 000 individus. Jadis stable, le pays devient la cible désormais des réseaux braconniers internationaux. C’est du “braconnage industriel”, estime Luc Mathot, de l’ONG Conservation Justice, selon qui “150 à 200 kg d’ivoire” sortent chaque semaine de la réserve, ce qui correspond à environ 15 à 20 éléphants tués.

 

Au cœur du deuxième bassin forestier de la planète après l’Amazonie, cette région sauvage frontalière du Cameroun et du Congo abrite trois parcs nationaux, Minkebe, Ivindo et Mwagna, où le braconnage d’éléphants a explosé ces dernières années. Environ 14.000 pachydermes ont été abattus en moins de 10 ans dans le seul parc de Minkebe (extrême nord-est), le plus menacé, selon l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN).

 

Elu en août 2009, le Président Ali BONGO ONDIMBA travaille sans relâche, pour mettre un terme à ce phénomène. En fin janvier dernier, quatre braconniers avaient été arrêtés. Les prévenus sont accusés de « s’être livrés à l’abatage d’un éléphant » dans la vaste savane qui jouxte le regroupement des villages Mivemba, avant de prélever ses défenses. Les présumés braconniers faisaient partie d’un vaste réseau qui opère sordidement depuis des années dans cette région de savane très peuplée par les populations de pachydermes.

 

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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