Manuel Valls calme le jeu entre Paris et Libreville

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Manuel Valls calme le jeu entre Paris et Libreville

La polémique née dans la nuit du 16 au 17 janvier dernier suite aux propos malheureux du Premier ministre français Manuel Valls sur l’élection d’Ali Bongo à la présidence de la République du Gabon en 2009 semble devoir être déjà close. En effet, après une courte entrevue entre les deux hommes à Davos (Suisse) Manuel Valls a réaffirmé les liens qui unissent les deux pays et estimé que ses propos avaient été mal interprétés.

  

Affirmant sur un plateau télé d’une chaîne de télévision publique française que contrairement à Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Ali Bongo n’était pas un président élu «comme on l’entend», le Premier ministre français, Manuel Valls a créé une polémique et un début de crise diplomatique entre les deux pays. L’ambassadeur du Gabon en France a été rappelé pour « consultation » afin de marquer l’insatisfaction de l’exécutif gabonais. Une première étape dans la montée des tensions qui ne sera finalement suivie d’aucune autre, Manuel Valls ayant rétropédalé.

 

C’est à l’occasion du Sommet de Davos (en Suisse) qu’Ali Bongo et Manuel Valls ont pris le temps de s’entretenir afin de mettre les choses à plat. Le Premier ministre pensait-il des propos qui remettent en cause la légitimité du président élu en 2009 et qui brigue actuellement un nouveau mandat ? Finalement, Manuel Valls a joué l’apaisement et affirmé que ces propos avaient été mal interprétés. Une manière peu noble en somme de s’excuser sans s’excuser. Le Premier ministre n’a pas tenu à envenimer la situation surtout qu’il aurait fallu apporter des preuves à des accusations formulées à demi-mots. Une situation bien peu confortable, on le comprend.

 

Quoiqu’il en soit la brouille entre Paris et Libreville appartient désormais au passé et la diplomatie peut reprendre son cours entre deux pays qui ont affiché une bonne entente ces dernières années. Côté gabonais la campagne présidentielle peut reprendre un cours normal même si l’opposition n’a certainement pas fini d’utiliser la sortie de Manuel Valls pour plaider sa cause. Une stratégie pas forcément bien adaptée au moment où les Gabonais doivent se prononcer sur un projet pour leur avenir. Mais la politique fonctionne sur des ressors parfois surprenants comme l’a encore prouvé un Premier ministre français au cœur de nombreux couacs gouvernementaux ces derniers temps.

 

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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