Areva dans le collimateur des anciens mineurs de la Comuf

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Areva dans le collimateur des anciens mineurs de la Comuf

Alors qu’Areva traîne une réputation de plus en plus sulfureuse dans certains pays et que le groupe est en proie à de graves déboires économiques, la situation ne devrait pas s’arranger en raison de la mobilisation d’anciens mineurs gabonais qui ont été exposés à l’uranium. Areva alors appelé Comuf a cessé ses activités au Gabon depuis 1999, mais depuis les problèmes de santé des ex-travailleurs se multiplient et plusieurs centaines d’entre eux sont décédés.

 

Si le nucléaire peut se targuer d’être une énergie non émettrice de C02, les besoins en uranium en font une activité hautement dangereuse pour les mineurs. Ceux qui ont travaillé pendant des années pour la Comuf (ancien nom d’Areva) en savent quelque chose puisque selon le président du Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf on décompte 440 décès dont 325 par infection pulmonaire. Le problème n’est donc pas nouveau, mais a été remis sur le devant de la scène à l’occasion de l’anniversaire de l’arrêt de m’exploitation minière.

 

Réunis en assemblée générale, les anciens de la Comuf ont décidé de passer à la vitesse supérieure après avoir vu leurs espoirs être douchés. En effet, ils attendaient beaucoup d’Areva et de la mise en place en place d’un observatoire de la santé en 2010. Depuis la création de cet observatoire rien n’a changé et les espoirs se sont transformés en colère. Aucun malade lié à l’irradiation à l’uranium n’a été détecté par l’observatoire quand bien même les morts les plus suspectes se succèdent. Il suffit de tendre le micro pour comprendre qu’Areva ne compte en rien changer la situation. RFI a publié un témoignage édifiant d’un ex-salarié de la Comuf : « Je transportais la boue à l’usine. C’était du minerai pur. J’étais seul au fond des mines. Actuellement, je suis malade : des boutons qui sortent de mes deux pieds enflés. Ils ont vu à la biopsie que c’est une tumeur. Mais jusqu’alors, ils ne réagissent pas. Voilà le papier qu’ils m’ont donné. Je suis abandonné par Areva. Ils ne se sont pas occupés de moi ».

 

Les autorités gabonaises ne restent pas insensibles face à cette situation anormale et le Premier ministre Ona Ondo a reçu les leaders du mouvement afin de comprendre au mieux la situation. Le chef du gouvernement a demandé tous les documents qui pourraient être utiles afin de se faire une idée définitive de l’attitude à adopter. Les pouvoirs publics se sentent donc concernées et Areva devra certainement devoir rendre des comptes dans le futur, mais si une procédure judiciaire venait à s’ouvrir, une possible indemnisation des malades et de leurs ayants droit prendrait beaucoup de temps. Le bras de fer s’engage et promet d’être long.

Pourquoi le Gabon ? Pourquoi écrire sur ce pays ? On s'en fera une petite idée en apprenant que Céline Meriault y a vécu une partie de son enfance, et en a conservé d'excellents souvenirs. Aujourd'hui journaliste, il lui semble important de mettre un coup de projecteur sur ce pays dont on parle trop peu, bien qu'il soit sur bien des points l'un des plus avancés d'Afrique : développement durable, tourisme, entrepreneuriat, etc.

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