Dégradation de la stabilité financière du Gabon

Economie

Dégradation de la stabilité financière du Gabon

Mauvaise nouvelle pour le pays du perroquet gris. La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur, la Coface, vient en effet de déclarer la dégradation de la note du Gabon, qui passe de « B » accompagné d’une surveillance négative, à « C ».

Le Gabon est désormais en situation délicate, et c’est sa crédibilité financière qui est dans le viseur de la Coface. Néanmoins, le tableau n’est pas entièrement sombre puisque la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur estime toutefois que l’endettement du pays se tient à un taux maitrisé. C’est le climat d’incertitude politique et financière qui a poussé la Coface à réaliser cette baisse, mais nous pouvons noter que le Gabon n’est pas le seul pays à être concerné.

En effet, si nous nous intéressons de près à cette nouvelle donne, nous pouvons remarquer que ce sont avant tout des pays exportateurs de pétrole et de matières premières qui font les frais du sévère classement mis en place par la Compagnie française d’assurance pour le Commerce extérieur. Des pays qui subissent désormais de plein fouet la baisse remarquée de l’activité de la Chine ainsi que l’effondrement du prix du pétrole. Situation qui aboutit, dans le cas de certains pays du classement, à une division par deux de la croissance, signe non négligeable des difficultés rencontrées par certains pays susnommés.

A vrai dire, cette situation préoccupante concerne un certain nombre de pays émergents aux profils aussi variés que le Brésil, la Namibie ou encore le Kazakhstan. Comme le Gabon, certains pays sont sujets à des vulnérabilités structurelles, et pour beaucoup d’entre eux, c’est le risque de défaillance financière qui inquiète le plus la Coface. 15 pays ont ainsi vu leurs notes d’évaluations changer : l’Algérie est passée de « A » à « B », l’Afrique du Sud également, Madagascar est passé d’un « C » à un très préoccupant « D » et la Zambie, à « C ». Seule la Côte d’Ivoire, en raison de l’apaisement de son climat politique, a su tirer son épingle du jeu avec un « C » assorti de perspectives positives. Pour le reste du continent africain, c’est la chute généralisée, celle-ci étant amplifiée par la dépréciation du shilling face au dollar et les incertitudes politiques, et il ne fait nul doute que ce nouveau classement donnera à réfléchir en hauts-lieux en Somalie, au Kenya, mais aussi en Tanzanie et en Ouganda.

C’est donc en conclusion un panorama peu enthousiasmant que la Coface présente aujourd’hui, en tout cas en ce qui concerne les pays d’Afrique. Et si le Gabon doit savoir en prendre sa part de responsabilité, il doit également savoir rebondir et, pour le dire en toute honnêteté, ne pas se laisser impressionner par un classement comme celui-ci. Le Gabon est une terre d’avenir et un pays rempli d’opportunités et de bonnes volontés, et pour cela il doit continuer et poursuivre dans la voie qu’il s’est donnée ; celle de la construction d’un état ouvert et doté des meilleurs énergies pour aller de l’avant, et il se doit de toujours choisir le chemin de l’échange et de la main tendue à celui du climat des années sombres et stériles, climat qui ne saurait que plonger davantage le pays dans le chaos et les difficultés.

Journaliste reporter d’images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l’actualité à l’écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd’hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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