Des soupçons visant le bois transporté à bord du Modern Express

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Des soupçons visant le bois transporté à bord du Modern Express

Roulier de 164 mètres de long, le Modern Express, un bateau battant pavillon panaméen, parti d’Owendo, qui a dérivé dans l’Atlantique nord depuis le mardi 26 janvier dernier, entre les côtes françaises et espagnoles. Cet incident aurait été provoqué par un stock de bois mal arrimé venant du Gabon – stock qui semble bien provenir d’une opération de contrebande.

 

Le navire « Modern Express », à la dérive au larges des côtes française et espagnole avant d’être remorqué avec succès semble être le point d’entrée dans un scandale de trafic international de bois. Le cargo immatriculé au Panama, transportait du Gabon vers Le Havre (France) avant de rallier Anvers, en Belgique, 3 600 tonnes de bois et des engins de travaux. C’est la nature de ce bois, néanmoins, qui est au centre de cette controverse. Aux dernières nouvelles, il ne transportait pas du bois débité, mais des grumes, a assuré mardi la préfecture maritime de l’Atlantique comme indiqué.

 

Les billes de grumes auraient roulé et se seraient agglutinées d’un seul côté du navire amenant à un équilibre instable du Modern Express. Cette nouvelle surprend les autorités gabonaises. En effet, le 5 novembre 2009, le Gabon a décidé d’arrêter d’exporter les grumes pour favoriser la transformation locale de ses essences forestières en vue de créer davantage de richesse nécessaire à juguler le chômage notamment des jeunes et des femmes et d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée. La décision est entrée en vigueur dès janvier 2010.

 

« Ledit bateau est arrivé de Guinée Equatoriale le 11 janvier et est reparti du Gabon le 15 du même mois en embarquant 4 089,155 tonnes de bois débité comme le montrent tous les documents en notre possession (manifestes, connaissements, déclarations en douane) », a déclaré le ministre gabonais de l’Economie, Régis Immongault, à la presse. « Ce qui m’a choqué c’est de savoir qu’il y avait du bois gabonais en grumes dans ce navire. Ce qui signifie qu’il y a eu une exploitation illégale du bois alors que nous avons décidé d’arrêter les exportations des grumes », a ajouté le ministre.

 

Suite à un SOS lancé par le capitaine, les 22 marins à bord, tous Philippins, ont pu être évacués dès ce même mardi après-midi par un hélicoptère de sauvetage espagnol alors que le bâtiment se trouvait au large de La Corogne, au nord-ouest de l’Espagne. L’association environnementale Robin des Bois a révélé ce lundi que le navire s’était illustré depuis 2012 dans le port d’Anvers pour de multiples défaillances, en dépit de sa conception et fabrication récente (lancement en 2001). Une affaire qui tourne mal pour ses exploitants.

 

En reprise d'études dans le journalisme après avoir beaucoup voyagé, notamment au Gabon, pays dont la beauté, la culture et l'organisation politique l'ont fasciné, Daniel Pingeot profite de son temps libre pour publier ses premières piges. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers le-gabon.net dès le lancement du site.

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