Jean Ping : forces et faiblesses du futur principal opposant à Ali Bongo

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Jean Ping : forces et faiblesses du futur principal opposant à Ali Bongo

Jean Ping remue la classe politique depuis quelques mois avec sa pré-campagne pour les présidentielles. Ayant joint l’opposition en février 2014, l’ancien diplomate se donne les moyens d’accéder à son ambition ultime : la présidence de la République. Mais au-delà du travail titanesque de réunir l’opposition Jean Ping doit faire face à des problèmes que ses seuls atouts pourraient ne pas suffire à surmonter. Etat des lieux.

Les forces

La principale force de Jean Ping dans la course à la présidentielle est sa propre assurance. Il le clame haut et fort qu’il sera le prochain président du Gabon. Une affirmation qui a fait sourire au sein même de l’opposition, mais l’enthousiasme et le dynamisme dont il a fait preuve en allant à la rencontre des habitants de l’ensemble du pays a déjà fait taire quelques railleries. Jean Ping croit en son étoile et un homme sûr de son destin est un homme qui peut aller loin.

Autre force : son carnet d’adresses fourni qui s’est rempli au gré de ses missions en qualité de président de la Commission Africaine notamment. Il a gardé de bons contacts avec certaines élites européennes et françaises, mais connais surtout bien ceux qui ont un poids important dans la région. Le Tchad et le Congo compte parmi les potentiels soutiens du candidat Ping et l’on sait que l’avis des autres dirigeants est souvent un facteur parmi d’autres dans une élection de ce type. Malheureusement pour lui, les tractations internationales qu’il a mené par le passé l’ont brouillé de manière plus ou moins forte avec d’autres dirigeants comme ceux de la Guinée équatoriale et du Cameroun. Reste que l’homme connaît les arcanes de la diplomatie et ne serait pas perdu s’il venait à être élu.

Les Faiblesses 

Nous ne reviendrons pas sur l’éclatement toujours palpable dont est victime l’opposition. Faire émerger une seule et unique tête est difficile et plusieurs leaders contestent déjà la mainmise que voudrait avoir Ping sur les forces d’opposition. Cette contestation est nourrie en partie par le fait qu’homme du sérail pendant longtemps, Jean Ping est un inconnu pour une grande partie de la population. Ses incessants déplacements en province ont pour but de changer la donne, mais se doter d’une stature nationale en si peu de temps est un défi herculéen.

Si jamais ce dernier devait être relevé avec succès, il n’est pas certain que sa candidature survive aux affaires qui entachent son nom bien qu’il s’en défende. Ainsi, en charge des négociations en 2007 avec la compagnie chinoise China Machinery Engineering Corporation (Cmec) pour exploiter le gisement de fer de Belinga, Jean Ping a connu une vraie désillusion. Cette tentative a finalement tourné au fiasco puisqu’aucune exploitation n’a été entreprise et que l’Etat gabonais a dû rembourser l’entreprise chinoise pour tous les frais et travaux d’études entamés. Un coût de 17 milliards de francs CFA qui pourrait constituer un boulet bien lourd au moment de se présenter devant les électeurs comme un bon gestionnaire des finances du pays.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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