Vers une fusion des Bourses de Libreville et de Douala ?

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Vers une fusion des Bourses de Libreville et de Douala ?

Le forum sur le développement financier de l’Afrique centrale qui s’est tenu à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, les 24 et 25 février a été l’occasion de revenir sur les limites du marché financier dans la sous-région. Une des raisons avancées, si ce n’est la première, est la présence de deux Bourses au sein de la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). L’une est à Libreville et l’autre à Douala et aucune des deux ne semblent vouloir laisser place à l’autre alors que les échanges dans la zone ne sont pas assez nombreux pour accueillir deux places financières fortes.

 

La zone Cemac est-elle trop petite pour accueillir deux places boursières ? C’est en tout cas l’avis du gouverneur de la Banque des Etat d’Afrique centrale, Lucas Abaga Nchama qui a tout de go souligné « l’étroitesse du marché financier dans la région, le nombre très limité des transactions boursières et le faible nombre d’entreprises cotées dans la zone Cemac ». Il est vrai qu’avec seulement quatre entreprises cotées dans les six pays de la Cemac, l’Afrique centrale est un nain sur l’échiquier financier mondial.

 

Une des causes mises en exergue depuis plusieurs années est la présence de la Douala Stock Exchange et la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) de Libreville. Une doublette qui ne va pas dans le sens la « rationalité économique » selon les termes de Lucas Abaga Nchama. Il a d’ailleurs été mandaté pour mener à bien une mission de conciliation en 2014 et est soutenu dans sa démarche par un rapport rendu public le 24 février et rédigé par le cabinet Roland Berger qui s’est penché pendant six mois sur « le potentiel du marché financier régional de l’Afrique centrale et les mesures d’accompagnement ». Les conclusions sont les mêmes, une seule place boursière au lieu de deux permettrait un meilleur fonctionnement économique et financier de la zone.

 

Pourtant, il n’est nullement question de s’effacer devant la concurrence même si l’idée de fusionner les deux Bourses a été évoquée après une période transitoire de trois ans pendant laquelle elles seraient harmonisées. Les réponses ne se sont pas fait attendre. Chantal Abengdang Mebale, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie du Gabon, a rappelé que Libreville « a fait ce qu’il fallait faire pour encourager le développement d’un marché financier en Afrique centrale » et que la balle est désormais dans le camp camerounais. Le représentant du Cameroun à Malabo a pour sa part affirmé que « si les mécanismes de base et les mesures qui peuvent servir à plus de connaissances sur ce qu’est le marché financier sont prises, il y a assez de potentiel économique, assez de ressources et assez de projets pour plus d’une Bourse en Afrique centrale! ». En d’autres termes une fusion est encore peu probable. Une conciliation sera difficile, mais peut-être pas impossible.

En reprise d'études dans le journalisme après avoir beaucoup voyagé, notamment au Gabon, pays dont la beauté, la culture et l'organisation politique l'ont fasciné, Daniel Pingeot profite de son temps libre pour publier ses premières piges. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers le-gabon.net dès le lancement du site.

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