Ali Bongo candidat à un second mandat

Politique

Ali Bongo candidat à un second mandat

Le président Ali Bongo Ondimba a mis fin à un vrai-faux suspense en annonçant sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Achevant un premier septennat, Ali Bongo souhaite poursuivre la politique menée depuis le décès de son père et son élection en 2009. La date du scrutin n’est pas encore connue, mais il se tiendra à compter de septembre 2016. Le président se lance dans la campagne électorale au moment où seul Jean Ping est en mesure de séduire un nombre non négligeable d’électeurs.

 

Le lundi 29 février 2016 restera comme la date de l’annonce officielle de la candidature d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle. Une annonce savamment préparée qui s’est déroulée sur un chantier à Ozouri, à quelques kilomètres de Port-Gentil et donc loin de la capitale, Libreville. Entourés d’ouvriers en tenus de travail, le président s’est exprimé à un pupitre sur lequel on pouvait lire son slogan de campagne « changeons ensemble ». Une volonté de changement plus d’une fois exprimée au cours de son premier mandat et qui s’est notamment traduit par une inflexion des structures économiques du pays. La fin de la dépendance est visée depuis plusieurs années même si ce chantier prend nécessairement du temps et que la baisse du pétrole s’est faite sentir dans le pays du perroquet gris.

 

Les messages subliminaux étaient au rendez-vous puisque c’est à Ozouri que furent découverts les premiers gisements de brut en 1956. La capitale de l’or noir, Port-Gentil n’étant qu’à une vingtaine de kilomètres, le message du président-candidat est clair, l’économie gabonaise change et cela commence par les hydrocarbures pour de passer « à une économie diversifiée ». Ali Bongo a mis l’accent sur la lutte « contre les privilèges indus » et la volonté de « bâtir un meilleur vivre ensemble fondé sur l’inclusion, la méritocratie et la solidarité ». Un thème fort qui lui a déjà valu beaucoup d’inimitiés puisque des caciques du palais présidentiel sont aujourd’hui dans l’opposition faute d’avoir supportés une politique plus ouverte et méritocratique qui remettait leurs positions en question.

 

Côté opposition, justement, Jean Ping est aujourd’hui l’adversaire le plus sérieux du président Bongo. Ayant déjà derrière lui une longue campagne de terrain pour se faire connaître et rallier à lui une opposition éclatée, Jean Ping doit toutefois faire face à de vives critiques au sein de la coalition qui le soutient officiellement. Une opportunité politique pour Ali Bongo surtout que l’élection se joue en un tour. Le candidat arrivé en tête remportant l’élection et s’assurant ainsi la présidence du pays pour sept ans. L’opposition, elle, ne pourra plus trop utiliser l’argument de l’état civil du président. Une vieille affaire, qui selon certains opposants, montrent que le président est né au Nigeria et n’est donc pas en droit de présider le pays, mais qui vient une nouvelle fois de se fracasser devant la justice. En effet, la justice française vient de classer sans suite une plainte déposée par Onaida Maisha Bongo Ondimba, demi-sœur d’Ali Bongo.

Journaliste reporter d’images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l’actualité à l’écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd’hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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