Acte de naissance d’Ali Bongo : fin de la polémique ?

Politique

Acte de naissance d’Ali Bongo : fin de la polémique ?

Depuis 2014, le président Ali Bongo Ondimba doit faire face à une polémique née d’un ouvrage de Pierre Péan relative à son acte de naissance et donc à sa nationalité. Le journaliste français affirme qu’Ali Bongo est né au Nigéria et a été adopté. Les multiples décisions de justice au Gabon et en France ont toujours donné raison à Ali Bongo et la dernière plainte en date déposée à Nantes vient d’être classée sans suite. De quoi faire retomber la polémique ?

 

Maisha Bongo Ondimba, l’une des 54 héritières du défunt président Omar Bongo a déposé une plainte contre X pour « faux et usage de faux » en janvier dernier devant la justice nantaise (France). Mais la plainte de la demi-sœur du président en exercice a été classée sans suite le 19 février. Le procureur de la République de Nantes, Brigitte Lamy, a confirmé à l’AFP le classement de la plainte dans la mesure où cette juridiction n’est pas compétente, « aucun acte n’ayant été commis à Nantes ».

 

Une argumentation qui ne convainc pas l’avocat de la plaignante : « Nous sommes absolument convaincus de l’existence de faux (…) Si celui (l’acte de naissance) qui est à Nantes est un faux, le lieu de commission des faits est Nantes, je considère donc qu’elle est compétente ». L’avocat a ensuite annoncé qu’une plainte avec constitution de partie civile serait faite dans les prochains jours ce qui entraîne automatiquement la saisine d’un juge d’instruction. L’avocate d’Ali Bongo, Maître Dumont-Beghi souligne que « c’est bien ce document qui fait foi et s’il fallait le contester, ce sont les juridictions gabonaises qui seraient compétentes ». Le président Ali Bongo n’en a donc pas terminé avec le volet judiciaire d’une affaire qui sert amplement l’opposition.

 

La course à l’élection présidentielle a débuté et les opposants ne se privent pas de rappeler cette question d’acte de naissance aux électeurs. La ficelle est certes un peu grosse, mais insinuer le doute dans l’esprit des votants peut-il avoir un impact sur le résultat du scrutin ? Interviewé à ce sujet Jean Ping se fait ironique et déclare « Cela ne m’inspire rien du tout, mais peut-être que vous pourriez lui demander avec quel acte de naissance, compte-t-il il se présenter à l’élection présidentielle ».

 

Autre opposant au discours plus martial, Zacharie Myboto qualifie le président de « faussaire » et attaque ainsi : Ali Bongo « sait très bien que si aujourd’hui, il n’arrive pas à prouver ce qu’il est réellement au niveau du Gabon, il sait notamment qu’il y aura des réactions et c’est ce qui se passe aujourd’hui, ajoute-t-il. Au lieu de garantir l’entente, l’harmonie, la concorde, il va faire en sorte que les gens se divisent et il va faire en sorte qu’il y ait l’affrontement ! Nous devons prendre conscience qu’on n’a pas besoin d’avoir une candidature qui soit inconstitutionnelle. Ce n’est pas sorcier ! ».

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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