L’Arcep passe la téléphonie mobile gabonaise au crible fin

Economie

L’Arcep passe la téléphonie mobile gabonaise au crible fin

Constatant une dégradation substantielle de la qualité de la couverture téléphonique, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) promet des sanctions. Le président de l’Agence Lin Mombo a donné un ultimatum de deux mois aux opérateurs de la téléphonie mobile présents dans le pays pour améliorer la qualité de leurs prestations.

 

Le président de l’ARCEP est monté au créneau suite à la mauvaise qualité des communications au Gabon. Les appels sont quasiment impossibles à certains moments de la journée, les clients d’un même opérateur ne parviennent pas à communiquer entre eux, le manque de réseau est devenu régulier et il n’est quasiment plus possible de consulter son solde chez certains opérateurs. Et les mesures ont de quoi susciter l’inquiétude des compagnies qui ne se conformeraient pas : passé le délai de 60 jours, l’ARCEP pourra décider d’écourter d’un an la licence d’exploitation accordée à l’opérateur ou simplement retirer sa licence, précise le communiqué.

 

L’agacement de l’Arcep est compréhensible : malgré les mises en demeure, les réunions visant à trouver des solutions aux difficultés enregistrées dans le secteur, les opérateurs privés n’ont jamais songé à améliorer la qualité de leurs services. L’autorité de régulation est sans appel. Pour elle « l’examen des statistiques révèle que cette dégradation est consécutive aux insuffisances de l’optimisation de la cohabitation des réseaux 2G, 3G et 4G ; à des problèmes de maintenance, et dans une certaine mesure à des problèmes d’énergie. » Elle poursuit ses doléances : « Malgré les nombreuses mises en demeure, réunions et rappels à l’ordre et nonobstant les sanctions pécuniaires infligées par délibération n°186, 187, 188 et 189/Arcep/PCR/2015 du 8 octobre 2015, les engagements des opérateurs visant à corriger les manquements constatés restent vains ».

 

Les plus grosses victimes sont les clients qui non seulement ne peuvent pas passer des appels classiques mais aussi ne peuvent ni retirer ni recevoir de l’argent via leur téléphone devenu aussi un porte-monnaie électronique. Les télécommunications sont devenues le secteur le plus dynamique de l’économie gabonaise. Le chiffre annuel atteint 400 milliards de FCFA soit 5% de la richesse nationale, selon le ministre de l’Economie numérique, Pastor Ngoua N’Neme. Leur mauvais fonctionnement constitue donc un frein important à la politique du gouvernement, et in fine au développement national.

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