Le Gabon souhaite réintégrer l’Opep

Economie

Le Gabon souhaite réintégrer l’Opep

Des sources proches de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont fait savoir que le Gabon a fait part de sa volonté de revenir dans le cartel, deux décennies après avoir claqué les portes. Le Gabon devient ainsi le deuxième pays à vouloir réintégrer le groupe après l’Indonésie qui était partie en 2008 et qui y a fait son retour l’année dernière. 

 

Après en avoir été membre de 1975 à 1995, le Gabon a fait la demande de sa réintégration au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Sorti de l’Opep en 1995, en raison d’un refus de l’organisation de réduire sa contribution annuelle, le Gabon négocierait depuis trois mois déjà son retour. Des discussions à ce sujet seraient prévues pour la prochaine réunion de l’Opep, le 2 juin prochain à Vienne (Autriche).

 

Si cette demande expresse du Gabon aboutissait, le nombre des membres du cartel serait porté à 14, ce qui contraindrait l’organisation à réviser ses quotas de production fixés à 31,5 millions de barils – bien qu’étant un petit producteur, le pays produit 200 000 b/j selon les dernières estimations de l’agence internationale de l’énergie. La surproduction a en effet été l’un des facteurs ayant engendré la crise actuelle.

 

Plusieurs pays non membres de l’OPEP n’ont d’ailleurs eu de cesse de pointer du doigt l’organisation comme responsable de la crise du fait de son incapacité à recadrer l’Arabie Saoudite qui refuse de réduire le débit de ses robinets pour « gagner plus de parts de marché. » EN effet, les pays pétroliers tentent de stabiliser les cours de l’or noir qui ont chuté de plus de 60 % depuis mi-2014. Une réunion rassemblant membres et non-membres de l’Opep doit d’ailleurs se tenir à Doha le 17 avril pour tenter de rallier les principaux pays pétroliers mondiaux à un gel de la production à même de relancer les prix — après un premier accord conclu entre l’Arabie saoudite, la Russie, le Qatar et le Venezuela.

 

Le pétrole pèse pour 32 % des recettes publiques consolidées et 65 % des exportations du Gabon, selon l’agence Moody’s qui avait placé début mars la note souveraine du pays d’Afrique centrale (Ba3) sous examen avec possibilité de la réviser à la baisse. En cause, l’impact de la chute du prix du pétrole sur les finances publiques, les réserves extérieures et les comptes externes du pays.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

0 Comments

Donner son avis