Jean Ping : une déclaration polémique coûteuse ?

Politique

Jean Ping : une déclaration polémique coûteuse ?

Alors que l’ancien ministre d’Omar Bongo bat la campagne en vue de l’élection présidentielle, Jean-Ping est rattrapé par une vidéo dans laquelle il déclare vouloir « se débarrasser des cafards » en référence à son principal adversaire, le président sortant Ali Bongo. Une déclaration musclée perçue comme un appel à la guerre civile qui ne passe pas auprès du Gouvernement qui pourrait saisir la Justice.

 

Une vidéo diffusée par la télévision nationale il y a quelques jours a enflammé le débat politique car dans un extrait d’une vidéo en date de mars dernier on y voit Jean Ping déclarer « quand on s’en va dans une bataille comme celle-là (ndlr: la présidentielle), on va au cimetière, on dit aux morts On s’en va à la guerre, levez-vous et accompagnez-nous! ». Ces propos auraient pu passer presque inaperçus s’il n’avaient pas été conclu comme suit : « Il s’agit d’une véritable expédition pour nous débarrasser des cafards ».

 

Pour les partisans de Jean Ping, cette vidéo n’est qu’un « montage grossier » pris lors d’une rencontre avec des villageois. Mais pour ses détracteurs il ne s’agit ni plus ni moins que d’un appel à la violence. Le porte-parole du Gouvernement s’est engouffré dans la brèche et a déclaré qu’il s’agit d’un appel « à la guerre civile et à l’élimination d’une partie de la population gabonaise, qualifiée de cafards ». Une dénomination utilisée « au cœur de l’Afrique centrale [où] des extrémistes hutu insultèrent les Tutsi de cafards : il y eut le génocide rwandais ». Le porte-parole du Gouvernement a également fait un parallèle avec Adolf Hitler. Une tactique peut-être payante pour discréditer le principal rival d’Ali Bongo à quelques mois du scrutin présidentiel.

 

Si le Gouvernement se réserve le droit de saisir la Justice, aucune poursuite n’a été entamée à l’encontre de Jean Ping. Le candidat à la présidentielle va-t-il se retrouver en partie discrédité à cause de cette déclaration ? Quoiqu’il en soit, ce nouvel épisode dans la campagne pour la présidence de la République tend un peu plus le rapport de force entre deux anciens alliés. La course au pouvoir est encore longue et pourrait susciter des surprises que chaque Gabonais espère ne pas être mauvaise.

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