Présidentielle au Gabon : une opposition toujours plus divisée

Le Gabon vu d'ailleurs

Présidentielle au Gabon : une opposition toujours plus divisée

La bataille pour le contrôle du vote des Nzebis, troisième pincipal groupe ethnique, en vue de la prochaine présidentielle, divise les candidats de l’opposition gabonaise. Les tensions entre Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN, opposition), et Guy Nzouba Ndama, président démissionnaire de l’Assemblée nationale atteignent leur comble.

 

A l’approche de la présidentielle gabonaise, l’opposition bat le tambour et se met en ordre de bataille. La semaine dernière, l’ancien président l’Assemblée nationale du Gabon pendant 19 ans et l’un des plus fidèles soutiens de la famille Bongo, Guy Nzouba Ndama, après avoir démissionné du parti au pouvoir (PDG), tirait à boulets rouges sur le président sortant : « Sept ans plus tard, eh bien c’est le désenchantement parce que tout ce que nous avions promis à l’époque : les routes bitumées qui reliraient toutes les capitales provinciales du Gabon, les dispensaires qui seraient équipés en médicaments… Aujourd’hui il n’y a pas un seul dispensaire qui reçoive des médicaments de l’Etat, l’école est complètement dévaluée parce que les enseignants sont constamment en grève. »

 

Cependant, l’homme s’est également illustré en se montrant très critique envers Zacharie Myboto, autre figure majeure de l’opposition. Derrière ces tensions se cachent des questions ethniques qui empoisonnent les relations entre l’ancien président de l’Assemblée nationale et le patron de l’Union nationale (UN, opposition). Aussi, la captation des suffrages des Nzebis, troisième groupe ethnique du pays après les Fangs et les Punus, est génératrice de tensions supplémentaires au sein de l’opposition qui peine à s’aligner, et voit ainsi ses chances de gagner se réduire.

 

Ainsi, Zacharie Myboto, qui se considère comme le candidat naturel des Nzebis, s’est montré hostile à l’arrivée de l’ancien président de l’Assemblée nationale sur un terrain qu’il considère comme chasse gardée. Nzouba, qui est nzebi mais issu du clan pouvi, et qui a été membre d parti au pouvoir durant presque deux décennies, arrive pour lui comme un cheveu sur la soupe. C’est désormais au tour de Guy Nzouba Ndama de s’en prendre à son allié supposé, se montrant éminemment hautain selon lui et ses proches.

 

Ce qui est certain, c’est que ce type de tensions et de querelles d’égo pénalisent considérablement l’opposition, qui souhaite l’alternance politique après le premier mandat du président Ali Bongo Ondimba, qui a succédé à son ère, Omar Bongo. Si les candidatures de l’opposition sont trop nombreuses, et si les bruits de couloirs persistent, ce dernier sera assuré d’une victoire confortable. Le candidat d’Héritage et modernité est aujourd’hui préssenti

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