Ali Bongo rejoint le Kenya dans la lutte contre le trafic d’ivoire

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Ali Bongo rejoint le Kenya dans la lutte contre le trafic d’ivoire

Le Kenya réclamera une interdiction totale des ventes d’ivoire dans le monde lors de la prochaine conférence des parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette initiative a reçu le soutien du président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba.

 

Quelque 105 tonnes d’ivoire provenant d’environ 8 000 animaux ont été détruites par les flammes sur le site du parc national de Nairobi, proche de la capitale kényane, pour afficher la détermination du pays à lutter contre le trafic d’ivoire. La cérémonie s’est déroulée en présence des Présidents Yoweri Museveni d’Ouganda et Ali Bongo Ondimba. Ce dernier a lancé une mise en garde : « A tous les braconniers, à tous les acheteurs, à tous les trafiquants, vos jours sont comptés », a lancé le président gabonais. Ce dernier est particulièrement engagé sur la question des pachydermes, et a échafaudé le plan national de gestion du conflit homme-faune bientôt mis en place au Gabon. Il vise à garantir aux populations rurales l’égalité des chances et surtout le droit d’une vie paisible aux éléphants.

 

Le braconnage d’éléphants a connu un pic entre 2010 et 2012, pendant lesquelles pas moins de 100 000 éléphants ont été tués – un chiffre tragique et alarmant. Dans les années 1970, l’Afrique comptait 1,2 million d’éléphants, contre 450 000 aujourd’hui. Plus grave encore, le Kenya, qui comptait 20.000 rhinocéros dans les années 1970, n’en avait plus que 400 dans les années 1990. Il compte aujourd’hui environ 650 rhinocéros noirs. Les trois derniers rhinocéros blancs du Nord vivent dans une réserve et les scientifiques ont engagé une course contre la montre pour trouver le moyen de les reproduire artificiellement.

 

Depuis 1989 la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) a interdit le commerce de l’ivoire. Mais il existe des dérogations – en France, par exemple, pour certaines antiquités. SI le pays s’est engagé à mettre un terme à ces exceptions dangereuses, dans certains pays en Asie la demande en d’ivoire est encore élevée. Et et l’augmentation de leur niveau de vie y fait monter la demande sur un marché noir difficile à contrer. Les braconniers peuvent toucher sur les marchés locaux quelque 50.000 dollars pour les cornes d’un seul rhinocéros, soit l’équivalent de multiples années de salaire.

 

La simple prohibition ne semble pas réussir à totalement éradiquer le phénomène. Aussi une prise de conscience populaire est nécessaire. Aussi, l’économiste Emmanuel Martin plaidait dans e sens d’une valorisation de faune comme patrimoine régional : « Plutôt que d’opposer les hommes et les éléphants, les braconniers et les rangers, l’approche fondée non sur la prohibition mais sur l’appropriation de la ressource par les communautés locales allie développement et préservation de la ressource. »

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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