Jean Ping dans la tourmente

Politique

Jean Ping dans la tourmente

Le candidat à la présidentielle gabonaise Jean Ping enchaîne les déconvenues des dernières semaines, à tout juste deux mois des présidentielles. Affaibli, il tend la main au reste de l’opposition à qui il avait tourné le dos pour se lancer en solo – des appels pour l’heure restés sans réponse.

 

Jean Ping, ancien président de la commission de l’Union africaine, était pressenti comme le favori chez les opposants lors de la présidentielle gabonaise. Cette homme politique, ancien diplomate, avait même lancé sa campagne en faisant bande à part, pensant pouvoir s’imposer au sein de l’opposition qi se morcelait entre ses nombreux candidats. Et les débuts de la campagne lui ont bien donné raison. Fort de son image internationale, mais aussi en multipliant les tournées dans le Gabon profond, les alliances avec des petits partis, il s’était imposé comme la figure montant du scrutin à venir.

 

Cependant, le vent semble avoir tourné pour M Ping. Depuis une semaine, il perd du terrain à une vitesse alarmante – en atteste le succès très mitigé de son meeting à Omboué, sa province natale, qui a dû être déplacé du stade local à sa demeure, faute d’engouement. Que lui vaut cette disgrâce ? Il y a tout d’abord un dérapage regrettable : il a récemment qualifié ses adversaires de « cafards » afin de rallier les Gabonais à sa cause – un mot qui détonne dans une région encore ébranlée par le génocide rwandais. Cette outrance lui a valu, en plus d’être poursuivi pour atteinte à l’ordre et à la sécurité publique puis pour diffamation, une baisse de popularité impressionnante.

 

Si Jean Ping est reconnu coupable, il risque six mois à cinq ans de prison et une amende de 24 000 à 250 000 francs CFA. Et si la sentence tombe dans un mois, il ne pourra plus être candidat à la prochaine élection présidentielle. Déjà blessé, Jean Ping a subi un second camouflet avec la révélation i y a une semaine par Mediapart, d’une affaire de rétrocommissions qu’aurait touchées son fils, Franck. Dans ce contexte, Jean Ping fait des appels du pied aux autres candidats pour réintégrer l’Union sacrée pour la patrie (USP), la grande coalition de l’opposition qui s’est constituée contre le parti au pouvoir et le président sortant Ali Bongo Ondimba. Les réponses se font attendre, à mesure que le favori devient un allié de plus en plus encombrant.

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