Filiation d’Ali Bongo : la guerre des livres

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Filiation d’Ali Bongo : la guerre des livres

La plainte d’Ali Bongo contre le journaliste-écrivain français, auteur du livre « Nouvelles Affaires africaines – Mensonges et Pillage au Gabon » risque de déboucher sur un non-lieu. Pierré Péan était poursuivi par le président gabonais pour « atteinte à la vie privée. » Il fait cependant l’objet d’un livre incendiaire publié par un universitaire du pays, qui remet sa crédibilité en cause.

 

Depuis quelques mois, plusieurs candidats de l’opposition contestent au président sortant Ali Bongo le droit de se représenter. Ils espèrent que la Commission électorale ou, en dernier ressort, la Cour constitutionnelle refusera de valider la candidature d’Ali Bongo. Ces demandes se fondent sur livre signé par l’essayiste français Pierre Péan. Selon lui y celui qui s’est toujours présenté comme le « fils biologique » d’Omar Bongo et de son ancienne épouse Joséphine née Nkama (devenue aujourd’hui Patience Dabany) mais serait en réalité un réfugié biafrais adopté par le couple.

 

Ces affirmations lui ont valu une plainte du président de la République pour « atteinte à la vie privée. » Le chef d’état gabonais s’était alors constitué partie civile le 14 octobre dernier devant la juge Nathalie Turquey du tribunal de Paris. Cette dernière a déclaré qu’elle ne le mettait pas en examen et envisageait un non-lieu.

 

Un libre a même été publié pour répondre aux allégations de l’écrivain. Patrick Mouguiama Daouda, niversitaire gabonais, y propose une lecture bien dfférente des faits. Son livre de 200 pages (Un silure dans la nasse : approximations, manipulations et posture coloniale dans les Nouvelles affaires africaines de Pierre Péan) s’ouvre par un portrait au vitriol de Pierre Péan : « C’est un silure. Il n’appartient ni à la catégorie des journalistes, ni à la catégorie des scientifiques, ni à la catégorie des écrivains. C’est pour se faufiler entre les eaux, mais nous l’avons attrapé avec une bonne ligne de fond. »

 

« Quelle est la seule preuve que Pierre Péan apporte pour dire qu’Ali Bongo n’est pas Gabonais ? Il cite une certaine Thérèse qui dit avoir travaillé à l’hôpital de Brazzaville. Il cite Ibrahim Babangida [à la tête de la junte qui dirigea le Nigeria de 1985 à 1993] qui est mort. Il cite Sani Abacha [à la tête du Nigeria de 1993 à 1998] qui est mort ! Vous pensez que c’est de la science ça ? », s’indigne l’auteur. Il réfute point par point les affirmations de Français.

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