Retour au calme dans les rues de Libreville

Le Gabon vu d'ailleurs

Retour au calme dans les rues de Libreville

La Gabon a connu une violente crise politique après la réélection contestée d’Ali Bongo à la tête du pays. Si les tensions semblent redescendre d’un cran, l’opposition appelle à une grève générale afin d’obtenir le recompte des voix.

 

La vie a repris lundi au Gabon après un weekend mouvementé : Assemblée nationale incendiée par des opposants, stations de télévision vandalisées, QG de Jean Ping pris d’assaut pour y déloger des casseurs. Si le résultat de l’élection présidentielle du 27 août est encore contesté, le centre de la capitale a retrouvé son animation habituelle. Les autorités gabonaises ont annoncé ce weekend que la vingtaine de leaders de l’opposition et de la société civile qui étaient retenus depuis la veille au quartier général de l’opposant Jean Ping, à Libreville, pouvaient désormais « rentrer chez eux ».

 

Signe du calme relatif : le président sortant a fait son premier déplacement. Ali Bongo Ondimba s’est rendu dimanche 4 septembre dans l’hôpital d’instruction des Armées pour apporter son réconfort aux personnels de défense et de sécurité blessés lors des violences post-électorales. « Je suis venu encourager ces hommes qui ont agi avec beaucoup de souplesse et n’ont pas répondu aux provocations dont nos forces font l’objet tous les jours. N’eût été leur sang-froid, l’issue aurait été catastrophique », a-t-il déclaré.

 

Après s’être lui-même proclamé président du Gabon vendredi 2 septembre, Jean Ping a publié ce lundi un communiqué pour appeler à la grève générale. « Afin de préserver les vies humaines, je vous demande à partir d’aujourd’hui de ne pas user de violence mais de résister par le blocage économique du pays. Je vous propose de cesser toute activité et de commencer une grande grève générale », écrit-il. Il demande un recompte des votes bureau de vote par bureau de vote, en particulier dans la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo.

 

Le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze a, quant à lui, appelé à la mesure :  Le président de la République souhaite qu’il y ait un appel au calme des leaders de l’opposition ». Le pouvoir refuse tout recomptage général des voix, arguant que la loi électorale ne le prévoit pas, et invite l’opposition à se tourner vers la Cour constitutionnelle. Internet a été partiellement rétabli lundi matin à Libreville, mettant terme à une coupure de cinq jours, qui a commencé après l’explosion de violence de mercredi dernier.

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