Rachat de Shell Gabon : les risques d’une grève pour le secteur pétrolier

Economie

Rachat de Shell Gabon : les risques d’une grève pour le secteur pétrolier

Depuis l’annonce du rachat de la filiale gabonaise du groupe hollandais Shell par le fond d’investissement américain Carlyle, le personnel s’est mobilisé pour demander de meilleures indemnités de séparation. Ils ont décidé lundi de paralyser la production pétrolière de la compagnie – avec des conséquences potentielles pour le secteur dans son ensemble.

 

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell a annoncé la revente de ses champs pétroliers au géant américain du capital-investissement Carlyle. Le porte-parole de la filiale gabonaise du groupe a confirmé la semaine dernière que « le contrat sera signé de manière imminente ». Pour rappel, Shell est présent au Gabon depuis plus de cinquante ans, où sa production pétrolière atteint environ 60 000 barils par jour à partir de cinq champs principalement terrestres.

 

Ses 400 salariés s’inquiètent du départ d’une société qui « a créé et promu un environnement de travail d’une qualité exceptionnelle », selon leur syndicat, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP). L’ONEP estime donc que « le départ de Shell Gabon est un véritable préjudice moral » et demande donc une indemnisation pour les salariés. Pour ce faire, un comité de négociation a été désigné en Assemblée générale pour représenter les intérêts des travailleurs.

 

Le mouvement de colère sociale a été lancé après le « refus du Groupe Shell d’accéder aux attentes des employés exprimées par l’assemblée générale souveraine du lundi 9 janvier 2017 ». Il s’est traduit par une réduction progressive de la production, entre 30 et 50%, du groupe pétrolier. Aussi, Shell Gabon a déjà perdu plus de 90.000 barils, ce qui correspond à une perte financière de 4,5 millions de dollars. Et ce en à peine quatre jours de grève.

 

L’ONEP a d’ores et déjà annoncé se réserver le droit de durcir la grève si ses revendications ne sont pas écoutées. « Nous allons passer à une production zéro », a menacé Sylvain Mayabith dans un point de presse devant le siège de Shell à Libreville lundi. Une décision qui aurait des conséquences énormes pour le secteur pétrolier gabonais dans son ensemble : Total, Addax Petroleum, Perenco et Maurel & Prom utilisent les pipe-lines de Shell et son terminal pétrolier pour évacuer leur production.

 

Une proposition de sortie de crise a été transmise au facilitateur, le ministre du Pétrole et des Hydrocarbures. Le secteur pétrolier gabonais est assez mal en point – un déclin imputable à la baisse massive du prix des hydrocarbures, mais aussi à une gestion discutable qui a vu la production chuter depuis la seconde moitié des années 1990, période durant laquelle elle dépassait 350 000 barils par jour.

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