Un débat autour des dépenses engendrées par la CAN 2017

Economie

Un débat autour des dépenses engendrées par la CAN 2017

La Coupe d’Afrique des Nations de football a impliqué d’importantes dépenses publiques pour l’état gabonais. Elle a aussi présenté un intérêt économique considérable. Aussi, un débat est né quant à l’opportunité de ce grand rendez-vous sportif.

 

La feuille de route gabonaise est chargée, si le pays veut bel et bien remplir son double objectif de sorite de sa dépendance au pétrole et rejoindre le club des pays émergents d’ici 2025. Avec la chute des cours hydrocarbures, le Gabon, pourtant plutôt plus performant que ses voisins africains, a connu une recrudescence de difficultés. Aujourd’hui, le taux de chômage touche officiellement 16% de la population active, malgré la création de 60 000 emplois entre 2010 et 2014. Dans ce contexte économique, « la CAN représente un atout majeur pour le Gabon » avançait le gouvernement, au moment de se lancer dans l’aventure. « La CAN bat son plein au Gabon (…) malgré l’élimination prématurée » des Panthères, s’est félicité le porte-parole du gouvernement

 

Pour autant, le pays est encore divisé après la victoire in-extremis d’Ali Bongo Ondimba lors de la dernière présidentielle de septembre dernier – une partie des proches du concurrent malheureux, Jean Ping, ne reconnait toujours pas le nouveau président. Aussi, c’est sans surprise que la décision d’accueillir la compétition intercontinentale est remise en question par une partie de l’opposition. « L’organisation en 2012 et 2017 de la Coupe d’Afrique des Nations coûtent d’ores et déjà au contribuable gabonais la somme de 863 milliards de FCFA (1,3 milliard d’euros) », a déclaré vendredi la Coalition pour la nouvelle république (CNR), le rassemblement autour de M. Ping.

 

Devant la controverse, le pouvoir se défend : « Le développement des infrastructures et d’appui a permis de créer 3.000 emplois directs et indirects dans les secteurs du BTP », explique un document de la présidence remis à la presse. « L’organisation de la CAN 2012 avait déjà permis au Gabon de se doter (…) d’infrastructures routières et numériques renforcées, avec un réseau national de 1.572 km de route bitumée, la 4G disponible sur le territoire et la fibre optique dans la capitale », détaille la présidence. « (En 2017), les travaux ont permis d’améliorer l’accès à l’eau et l’électricité, la réfection de l’aéroport d’Oyem et la construction des routes d’Oyem, le développement de l’axe routier Tchengué-Port Gentil et le déploiement de 600 km de fibre optique ».

 

Le Gabon doit malgré tout se serrer la ceinture. Il s’est doté pour 2017 d’un budget de 2 477,5 milliards de francs CFA pour l’exercice budgétaire 2016 – soit une baisse de de 148,5 milliards de francs par rapport à l’an dernier. Les fastueuses dépenses pour la CAN ont été pointées du doigt, comme exubérantes dans ce contexte. « Vous voyez vous-mêmes qu’il n’y a pas assez d’écoles. Comment pouvez-vous investir massivement dans des stades ? » avait lancé Jean Ping. Pourtant, ce dernier avait aussi appelé à boycotter l’évènement sportif, quitte à atténuer les retombées positives pour le gabonais.

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