Pour mettre fin à la grève, le gouvernement interdit au Conasysed d’exercer son activité

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Pour mettre fin à la grève, le gouvernement interdit au Conasysed d’exercer son activité

Le ministère de l’Intérieur a décidé vendredi 17 mars d’interdire toutes les activités de la Convention nationale des syndicats du système éducatif (Conasysed). Il explique que la grève à rallonge défendue par le syndicat cause un « trouble manifeste à l’ordre public », « entrave à la liberté de travailer », et provoque des « violences et voies de fait ».

 

Que faire contre le menace d’une grève illimitée dans l’éducation nationale gabonaise ? Confronté au spectre d’une « année blanche » (année scolaire non-validée faute d’heures de cours suffisantes) le gouvernement gabonais a agi. Prenant le taureau par les cornes, un arrêté du ministre de l’Intérieur a déclaré « les activités de la Convention des syndicats du secteur Éducation (Conasysed) interdites ». Ainsi 807 enseignants grévistes ont-ils vu leurs salaires suspendus jusqu’à reprise de leur activité.

 

Les perturbations dans l’organisme scolaire gabonais durent depuis la rentrée scolaire, qui a débuté avec un mois de retard le 31 octobre 2016. A l’origine de l’appel à la grève illimitée, la confédération de sept syndicats affiche plusieurs revendications : paiement de primes, meilleures conditions de travail pour éviter des classes surchargées et démission du ministre de l’Education Florentin Moussavou.

 

« Nous n’accepterons jamais cette décision inique qui viole les libertés syndicales », a pesté Simon Ndong Edzo, Délégué général de la Conasysed. Pour lui, « le but est de tuer le syndicalisme au Gabon ». Une accusation réfutée avec passion par le gouvernement. Pour l’équipe di président, il s’agit désormais d’avantage d’une manipulation d’ordre politique que d’un mouvement social. C’est ce constat qui fonde l’intransigeance du gouvernement gabonais face aux syndicats.

 

« Nous savons que des leaders de cette coalition syndicale sont en intelligence directe avec certains acteurs de l’opposition et qu’ils veulent prendre le système éducatif en otage pour le compte de l’opposition. Le gouvernement ne peut pas l’accepter », a accusé le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nzé. Il fait référence au soutien de certains syndicalistes à Jean Ping, qui refuse toujours de reconnaitre les résultats officiels de la présidentielle.

 

Si les grèvent devraient de facto s’interrompre rapidement, le gouvernement n’en a pas pour autant laissé tomber les négociations.  Le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou a en outre commandé « un rapport qui permettra de décider si c’est une année à valider ou pas ». Pour rappel, le Gabon affiche l’un des taux de scolarisation les plus élevés d’Afrique subsaharienne (96%, selon les chiffres communiqués par le président Bongo aux Nations unies en septembre 2015).

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