Rivalité Bongo / Ping : la justice s’en mêle

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Rivalité Bongo / Ping : la justice s’en mêle

L’opposant gabonais Jean Ping, qui revendique toujours la victoire à la présidentielle d’août 2016. Sa croisade semble ne pas s’affaiblir, alors que la justice se penche sur l’élection et les violences auxquelles elle a donné lieu.

 

« La chute est proche, Ali Bongo va partir, j’en fais le pari », déclarait il y a quelques jours Jean Ping dans une interview accordée au quotidien français Libération. Le candidat malheureux, qui refuse toujours d’accepter le score du scrutin présidentiel d’aout 2016 a sans doute en tête l’enquête judiciaire ouverte par la justice française sur d’éventuels crimes contre l’Humanité, perpétrés lors des violences qui ont suivi la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle – rappelons que le scrutin a été condamné par une partie de la communauté internationale.

 

Le gouvernement gabonais avait alors dénoncé « l’aventure ambiguë » dans laquelle se lancent les avocats français, « soucieux de maintenir un climat permanent de tension au Gabon » et de « nuire aux relations entre la France et le Gabon ». Libreville remet d’abord en cause le chef d’accusation pour crimes contre l’Humanité. Les faits évoqués par le plaignant résulteraient ainsi de « procédures classiques de maintien et de rétablissement de l’ordre public ».

 

Un peu plus loin dans le texte, le gouvernement estime également que « l’égalité souveraine des États […] interdit à un État de juger un autre État ou de juger les dirigeants d’un autre État ». Dénonçant une ingérence malvenue, le gouvernement affirme qu’« aucun tribunal sérieux ne peut faire prospérer de telles actions ». Et pour cause : près d’un an après le scrutin présidentiel gabonais, le conflit postélectoral se joue désormais devant les tribunaux, où chacun des deux rivaux tente de décrédibiliser, d’isoler ou au moins d’affaiblir l’autre.

 

Pourtant, le 26 juin dernier, le tribunal de grande instance de Paris a bien retenu la qualification de « crime contre l’humanité » dans le cadre d’une procédure portant sur l’intervention musclée des forces de sécurité gabonaises au quartier général de campagne de l’opposant, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2016 – 29 personnes auraient été tuées lors de l’assaut selon l’opposition, trois ou quatre personnes selon le gouvernement. A noter que la plainte a été introduite en septembre 2016 par un jeune Franco-Gabonais, lui-même arrêté par les forces de l’ordre le 31 août.

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