Le Parlement Européen met en garde le gouvernement contre une « persécution » de l’opposition

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Le Parlement Européen met en garde le gouvernement contre une « persécution » de l’opposition

Le Parlement européen a résolution jeudi dernier pour officiellement demander au Gabon à cesser de « harceler, intimider et persécuter » les opposants au président Ali Bongo. Ce vote constitue un appel de pied au Conseil de l’Europe à prendre des sanctions ciblées contre les autorités gabonaises accusées de priver la société civile et l’opposition gabonaise de leurs droits fondamentaux.

 

Dans une résolution adoptée à Strasbourg, le Parlement européen a appelé jeudi le Gabon à cesser de « tous les actes de harcèlement, d’intimidation et de persécution, et de prendre des mesures concrètes pour garantir la liberté d’expression » pour les opposants au président Ali Bongo. D’après l’institution communautaire, il notamment est « inacceptable » que l’opposant Jean Ping ait été récemment empêché temporairement de quitter le pays (l’interdiction a finalement été levée le 8 août, ndlr). Les élus européens appellent notamment Libreville à « libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues illégalement ».

 

Les parlementaires européens condamnent également « fermement les menaces permanentes, les agressions, le recours à la force ainsi que les restrictions sévères et les intimidations à l’encontre des opposants et des défenseurs des droits de l’homme au Gabon ». Et la charge ne s’arrête pas au seul contexte sécuritaire du pays : À propos du scrutin du 27 août 2016, les députés invitent « instamment le gouvernement du Gabon à procéder à une réforme approfondie et rapide du cadre électoral », de manière à « l’améliorer et à le rendre totalement transparent et crédible ». Des mots très dur, alors que l’UE n’avait jusque-là pas contesté le résultat du vote.

 

En outre, les parlementaires demandent à la Commission et aux États membres « d’envisager des sanctions ciblées à l’encontre des responsables de la fraude électorale et des actes de violence qui en ont découlé ». SI le coup a mis du temps à venir, il s’agit bien de la réaction espérée par l’opposant Jean Ping, qui se présente encore aujourd’hui – un an après le vote – comme le « président élu » du pays. Son véritable marathon diplomatique en France, en Suisse, au Parlement européen et aux États-Unis, semble donc avoir porté ses fruits. Reste, cependant, que les accusations portées par les européens doivent être prouvées, sans quoi ces sanctions seraient assimilables à des tentatives de déstabilisation.

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