Libreville dénonce un « acharnement » après les menaces de sanction du Parlement européen

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Libreville dénonce un « acharnement » après les menaces de sanction du Parlement européen

Le 17 septembre dernier, le Parlement européen a demandé au gouvernement gabonais de cesser de « harceler, intimider et persécuter » les opposants et « à libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues de manière illégale », sous peine d’encourir des sanctions économiques. Des accusations récusées par Libreville.

 

« Le Gouvernement de la République joint sa voix à celle du Sénat gabonais pour dénoncer cet acharnement que rien ne justifie », a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nze. Les raisons de la discorde ? Une résolution du Parlement de l’Union Européenne accusant Libreville de bien des mots. En effet, l’institution communautaire a en effet accusé les pouvoir gabonais de meures abusives contre l’opposition autour de la candidature de Jean Ping – l’intéressé avaient notamment été interdit de sortie du territoire après avoir indirectement appelé au soulèvement de la population.

 

Le Parlement gnational s’est aussi fend d’un rappel à l’ordre :  « Nous observons avec indignation, que quelques eurodéputés n’ont pas réussi à faire aboutir leur premier projet de résolution au sein de notre assemblée parlementaire paritaire, là où il existe un véritable débat contradictoire parlementaire d’Afrique, Caraïbes et Pacifique, et ceux de l’Union européenne». « Le Parlement européen n’a pas été élu par les Gabonais, il a été élu par les Européens et très franchement, qu’on laisse les Gabonais gérer leurs démocraties en toute sérénité », a ironisé le ministre en charge de la Communication.

 

Cette résolution « induit de manière insidieuse, qu’il y aurait des souverainetés au-dessus des autres » a commenté le Ministre, visiblement remonté. « Le Parlement européen dit ce qu’il veut, il n’y a pas d’opposants harcelés au Gabon. Mais au Gabon, comme en France, comme en Grande-Bretagne, si quelqu’un viole la loi, il répond de la justice ». Même son de cloche auprès du quotidien gabonais l’Union. Ce dernier traitait jeudi les euro-députés de « ramassis » de « racistes », les désignant comme « des députés de seconde zone par rapport aux vrais du palais Bourbon ou (du) Bundestag » – les parlements de France et d’Allemagne.

 

L’opposition s’est quant à elle félicité cette menace à peine déguisée du parlement européen avec enthousiasme. Dans une conférence de presse tenue vendredi à Libreville, Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN), artisan de l’alliance des ténors de l’opposition autour de la candidature de Jean Ping, s’est lui félicité de la résolution « dans laquelle (son parti) se reconnaît globalement ». De la même façon, elle avait applaudi la Mission d’observation électorale de l’UE qui avait noté des anomalies lors du scrutin présidentiel d’août 2016. Pour lui, « il n’y a pas du tout d’ingérences de la part de l’Union européenne dans ce qui se passe aujourd’hui au Gabon ».

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