Jean Ping prend parti contre le projet de réforme de la Constitution

Politique

Jean Ping prend parti contre le projet de réforme de la Constitution

Le projet de révision constitutionnelle en instance au Gabon s’est attiré les foudres de l’opposant Jean Ping, qui qualifie l’initiative de « dérive autocratique ».

 

« Nous devons faire échouer cette révision constitutionnelle (…). Nous devons la faire échouer parce qu’elle porte en elle les germes de la liquidation de la République et (…) l’instauration d’un royaume au Gabon. » La critique est vive – autant que la colère de Jean Ping, qui depuis plus d’un an conteste les résultats des dernières présentielles. Le candidat malheureux s’estime en effet lésé, et a multiplié les recours nationaux et internationaux pour contester la victoire d’Ali Bongo Ondimba. « Nous ne pouvons accepter la liquidation de la République pour la gloire d’un homme atteint par la folie des grandeurs et ses rêves démoniaques et permanents de monarchie », s’est-il offusqué.

 

Le leader de la Coalition pour la nouvelle république (CNR) a invité le peuple, le 4 novembre à Libreville, à s’opposer au projet qui doit être débattu au Parlement prochainement, à l’initiative du gouvernement. Dans son discours, les attaques contre le pouvoir en place étaient nombreuses (« mafieux », « putschiste », « dictatorial », « sanguinaire » …). Il a appelé « les patriotes et démocrates de tous bords » à une prise de conscience contre un projet qui vise à « restreindre » les droits et pouvoirs de l’opposition. « Dans une République normale, une loi de cette nature a vocation plutôt à garantir l’exercice des libertés », a-t-il martelé.

 

Adopté fin septembre en Conseil des ministres et devant maintenant être débattu au Parlement, il met en application les actes du « dialogue politique » (mars-mai 2017) souhaité par l’exécutif pour tourner la page après la crise post-électorale de 2016 qui a manqué de plonger le pays dans le chaos. Il s’agit principalement d’une réorganisation de la procédure politique gabonaise : il y aura désormais un deuxième tour pour les élections législatives et présidentielles ; le mandat des sénateurs passe de six à cinq ans ; celui des membres de la Cour constitutionnelle sera de neuf ans non renouvelable ; ou encore elle veut instaurer une Cour de Justice spéciale pour les hauts responsables de l’État

 

D’après l’opposition, cette réforme aura toutefois des effets néfastes dans plusieurs domaines cruciaux de la vie politique gabonais, nommément, « la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation », « le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement ».  De fait, elle dépouille l’Assemblée nationale de certaines de ses prérogatives et instaure un mandat présidentiel à sept ans, sans limite de cumul. « Ce ne sont que des propositions. Les parlementaires pourront les modifier », a tempéré le porte-parole du gouvernement Alain Claude Bilie By Nze. Le texte n’a pas encore été discuté au Parlement qui doit l’adopter, en principe, avant les législatives d’avril 2018.

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