La révision constitutionnelle adoptée au Congrès

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La révision constitutionnelle adoptée au Congrès

Les deux chambres parlementaires gabonaises réunies en Congrès extraordinaire ont adopté mercredi 10 janvier un projet de loi sur la révision de la Constitution.

 

La version définitive de la révision constitutionnelle voulue par le gouvernement devait être votée, mercredi 10 janvier, par le Congrès gabonais. Elle a été sans surprise adoptée à 197 voix pour, 14 contre et deux abstentions. Les deux chambres du parlement avaient en effet adopté le texte indépendamment en y ajoutant des amendements. En outre, elles sont composées en quasi-totalité des membres du Parti démocratique gabonais (PDG), à l’origine de la réforme.

 

Ni le contenu précis du texte, ni ses différents amendements par l’Assemblée, le Sénat ou le Congrès n’ont été pour m’instant rendus publics. L’adoption au Congrès a entériné la version finale du texte, mais la nouvelle Constitution -la septième depuis la fin du monopartisme au Gabon en 1991- doit encore être examinée par la Cour constitutionnelle. Elle a cependant été déjà boudée par une partie de l’opposition qui est opposées aux grandes annonces du gouvernement, qu’ils qualifient de « monarchisation du pouvoir ».

 

« La révision constitutionnelle adoptée par un Parlement composé d’une Chambre intérimaire, l’Assemblée nationale, pour tenter d’asseoir le pouvoir d’un président de la République jamais élu, illustre mieux que toute la gravité de la crise politique dans laquelle le Gabon se trouve », a réagi mercredi Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de l’opposant Jean Ping. Ce dernier conteste encore les résultats de la présidentielle, dont il dit être le véritable vainqueur.

 

Le son de cloche diffère au sein des institutions d’état. Le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi qui a déclaré que cette révision constitutionnelle était « une étape importante dans la réalisation des objectifs issus du dialogue politique national voulu par Ali Bongo Ondimba en 2017 » et qu’elle comportait des « avancées en matière de démocratie comme la volonté de mise en place d’un scrutin à deux tours pour les élections présidentielles ».

 

Avant tout souhaitée par l’opposition, l’abandon du scrutin unique est une garantie offerte par le PDG afin d’apaiser les contestations post-électorales. L’instauration d’un second tour empêcherait un président d’être élu avec un faible suffrage, il bénéficiera désormais d’une plus forte légitimité démocratique. Après son examen par la Haute juridiction, le président de la République Ali Bongo Ondimba disposera de 25 jours pour promulguer le texte.

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