La présidence s’entoure d’hommes d’expérience

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La présidence s’entoure d’hommes d’expérience

Le Gabon vit des heures difficiles au moment où son président se remet d’un AVC au Maroc. Une certaine expectative règne d’autant plus que le coup d’Etat raté du 7 janvier a mis en évidence un foyer possible de déstabilisation. Tout devient un peu plus compliqué et le président de la République rebat les cartes depuis son lieu de convalescence. Julien Nkoghe Bekale a été nommé Premier ministre tandis que Faustin Boukoubi a pris la veille la présidence de l’Assemblée nationale. Deux hommes d’expérience pour tenir la barre du paquebot Gabon.

 

Une élection et une nomination cruciales en moins de 24 heures. Après le raz-de-marée des législatives en faveur du PDG, les députés de la nouvelle Chambre ont voté pour le président. Et c’est Faustin Boukoubi qui a remporté la mise le 11 janvier en faisant le plein des voix outre trois abstentions et trois votes contre. L’ancien ministre et ancien président du PDG ajoute une ligne prestigieuse à son imposant CV. Un retour en pleine lumière après son départ de la présidence du parti en août 2017. Un an et demi plus tard, voici qu’il devient l’homme fort de l’Assemblée nationale et se rappelle au bon souvenir de ceux qui le croyait fini pour la politique.

 

Des proches d’Ali Bongo rentrent au bureau de la Chambre à commencer par la propre fille du président, Malika, qui obtient le deuxième secrétaire du bureau. L’opposition, très faiblement représentée à l’Assemblée nationale n’obtient que les postes garantis par la loi. Le PDG a les mains libres pour écrire la loi et cela devrait profiter au tout nouveau Premier ministre. Julien Nkoghe Bekale a été nommé à ce poste à la place d’Emmanuel Issoze-Ngondet. Ce dernier obtient le poste de médiateur de la République. Julien Nkoghe Bekale a été nommé par décret présidentiel dans la nuit du 11 au 12 janvier. L’annonce a été faite par le secrétaire général de la présidence gabonaise, Jean-Yves Teale.

 

Le nouveau chef du gouvernement doit composer son équipe en accord avec le président de la République avant de se lancer dans les réformes promises. Beaucoup de travail en perspective avec l’idée sous-jacente de faire oublier la polémique sur le supposé enrichissement de Julien Nkoghe Bekale lorsqu’il était ministre du pétrole entre 2009 et 2011. Une histoire qui l’avait peut-être privé du poste de Premier ministre il y a près de deux ans. La donne a toutefois changé avec le besoin d’avoir des hommes très solides aux principaux postes de décision. Les ennuis de santé du chef de l’Etat et le coup d’Etat raté du 7 janvier obligent à ce renouvellement en faveur d’hommes forts.

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