Le kevazingo exporté pour remplir les caisses de l’Etat

Economie

Le kevazingo exporté pour remplir les caisses de l’Etat

L’exécutif gabonais a effectué une opération controversée dans le domaine du bois. En effet, le ministre gabonais des Forêts a indiqué que des meubles en bois de kevazingo fabriqués sur le sol national allaient être exportés vers la Chine. Cela permettra au pays d’encaisser environ 200 millions Francs CFA. Une bonne nouvelle pour les finances et pour l’industrie gabonaises, mais les ONG s’inquiètent de voir que le bois utilisé est du kevazingo, lequel est habituellement interdit à l’exportation.

 

Victime de l’exploitation illégale, le bois précieux kevazingo est l’objet de toutes les attentions au Gabon. En avril dernier, l’Etat a même tremblé avec la disparition de 392 conteneurs renfermant pas moins de 5 000m3 arrachés à la terre en toute illégalité. Cette impressionnante disparition a coûté sa place au ministre des Forêts, de la Mer et de l’Environnement, Guy Bertrand Mapangou. Claver Maganga-Moussavou avait même perdu le Vice-présidence de la République à cette occasion.

 

Le kevazingo est un sujet explosif, mais le nouveau ministre des Forêts, Lee White a décidé d’en tirer le meilleur parti possible. Il a ainsi annoncé que des meubles en kevazingo fabriqués au Gabon allaient être exportés vers la Chine. Une première cargaison est déjà partie et représente 60 millions de Francs CFA. Au total, ce sont 200 milliards de Francs CFA qui sont attendues dans les caisses de l’Etat gabonais. Les finances peuvent souffler et il semble pertinent d’avoir fabriqué les meubles sur place plutôt que d’envoyer le produit brut à l’exportation.

 

Pourtant cette idée ne séduit pas tout le monde. Si le bois utilisé est issu de stocks saisis par les autorités, une ONG comme Brainforest voit d’un mauvais œil cette utilisation. Sur Twitter, le secrétaire exécutif de l’ONG s’est indigné : « Le Ministre Lee White, vient-il d’enterrer le Kevazingogate ? À quel niveau de l’enquête judiciaire avant d’arriver à de telles décisions ? Quid de François Wu présenté comme le cerveau de la mafia chinoise du Kevazingogate ? Nous attendons la réponse ». Le débat est lancé dans un pays qui interdit officiellement l’exportation de kevazingo.

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