Le Gabon s’élève contre le braconnage des éléphants

Le Gabon s’élève contre le braconnage des éléphants

Le niveau général du braconnage des éléphants n’aurait pratiquement pas bougé d’un cheveu de 2013 à 2014. Ces taux de braconnages se situent encore au-dessus des taux de croissance naturelle des populations d’éléphants, qui continuent inéluctablement de diminuer.

Mike Chase, fondateur de l’ONG “Éléphants sans frontières”, l’avoue à l’AFP, il cède parfois au désespoir, tant il est confronté régulièrement aux massacres de ces majestueux mammifères qu’il retrouve généralement sur le flanc, sans leurs défenses, évidemment.

L’homme est engagé dans un titanesque travail de recensement de ces populations d’éléphants sur le continent africain. Ce docteur en écologie a mis sa mission de côté quelques heures afin de se rendre à la deuxième Conférence sur le trafic illégal d’espèces protégées, qui se tenait à Kasane, au Botswana, mercredi 25 mars 2015.

Des représentants d’ONG et d’une trentaine de pays s’étaient donc donnés rendez-vous ce mercredi au Botswana afin de prendre de nouvelles décisions en faveur de la lutte contre le trafic d’espèces protégées, qui s’est élargie depuis peu à des espèces mythiques comme le rhinocéros, le tigre ou bien l’éléphant.

Une conférence qui prenait place en bordure de la zone protégée du nord du Botswana, tout juste deux jours après celle entièrement dédiée à l’éléphant d’Afrique, espèce à nouveau au centre de toutes les discussions ce mercredi.

Dès le discours d’ouverture de l’événement, le président gabonais Ali Bongo a tenu à rappeler que son pays, en compagnie du Botswana, du Tchad, de l’Ethiopie et de la Tanzanie, réclame un répit “d’au moins dix ans sur toute vente d’ivoire, le temps de stabiliser nos populations d’éléphants”.

Sur le continent africain, il reste actuellement 470.000 éléphants, mais comme entre 20.000 et 30.000 d’entre eux sont chassés et tués chaque année, leur population globale est en grand danger.

L’ivoire récupéré sur les cadavres d’éléphants est exporté généralement par l’intermédiaire de réseaux internationaux, qui l’envoie illégalement en général vers la Chine et la Thaïlande. Là-bas, elle sert à la fabrication d’objets d’ornement.

La filière terroriste

Le président gabonais a également affirmé son inquiétude de la corrélation nouvelle de ce trafic avec les groupes terroristes, qui cherchent de nouvelles sources de financements.

Mondialement, le trafic d’espèces menacées générerait, selon les experts, environ 19 milliards de dollars (17 milliards d’euros) de chiffre d’affaires par an.

Journaliste reporter d'images en Afrique centrale pour la télévision française, François Jamet couvre également l'actualité à l'écrit, dans les colonnes de grands médias. En plus de ces activités, il est aujourd'hui rédacteur en chef de le-gabon.net.

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