Tentative de putsch maîtrisée à Libreville

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Tentative de putsch maîtrisée à Libreville

Le 7 janvier 2019 devrait longtemps rester dans les mémoires des Gabonais. Le pays a connu sa première tentative de coup d’Etat depuis son indépendance en 1960. C’est sur les ondes, tôt ce matin, que les putschistes ont appelé les citoyens gabonais à prendre « le contrôle de la rue » et renverser des « institutions illégitimes et illégales ». Les jeunes militaires auteur de ce coup de force ont presque tous été arrêtés et le calme revient peu à peu dans les rues de Libreville.

 

La situation est encore confuse dans la capitale gabonaise où Internet et le signal de la radio nationale ont été coupés ce matin après l’annonce à la radio d’Etat d’un coup d’Etat mené par le Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS). Le message a été lu à 6h30 par le lieutenant de la garde républicaine Ondo Obiang Kelly, lequel a annoncé la prochaine création d’un « Conseil national de la restauration ». Le champ lexical utilisé est celui de putschistes quand bien même les termes de « coup d’Etat et de putsch » n’ont jamais été utilisés.

 

Dans son allocution, le jeune lieutenant a appelé les Gabonais à se lever « comme un seul homme et à prendre le contrôle de la rue ». L’impossibilité d’ « abandonner la patrie » sert de justification à un coup de force qui n’a pour but que de mettre à terre des institutions jugées « illégitimes et illégales ». L’absence depuis deux mois du président Bongo a également été utilisée comme excuse : « le message du chef de la nation (le 31 janvier 2018) visant à clore le débat sur sa santé a plutôt renforcé les doutes sur sa capacité à assumer la fonction de président de la République ». Les mutins considèrent que le président est « malade et dépourvu de plusieurs de ses facultés physiques et mentales », ce qui débouche sur le « spectacle désolant » d’un pays « qui a perdu sa dignité ».

 

Les autorités légales ont annoncé vers 10h20 que la « situation était sous contrôle » et que la plupart des putschistes ont été arrêtés après l’encerclement par les troupes de la radio nationale. Selon les mêmes sources, un des leaders serait actuellement en fuite. Peu après, l’Union africaine a « condamné fermement la tentative de coup d’Etat de ce matin ». L’heure est à l’accalmie et à un premier bilan dans un pays où de nouvelles questions politiques se posent désormais.

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