Les coupes budgétaires se poursuivent dans la fonction publique

Economie

Les coupes budgétaires se poursuivent dans la fonction publique

Engagé dans un vaste effort de rationalisation de ses dépenses, l’Etat gabonais met un point d’honneur à régler la lourde question du poids des fonctionnaires dans le budget national. Des fonctionnaires dont le nombre approche 100 000 pour un pays de deux millions d’habitants. L’Etat a certainement trop recruté au cours de ces dernières années et le ministre du Budget et des Comptes publics, Jean Fidèle Otandault, compte bien faire machine arrière malgré les critiques que cette mesure impopulaire ne manque déjà pas de soulever.

 

L’Etat gabonais a-t-il vécu au dessus de ses moyens ? C’est l’avis du Fonds Monétaire Internationale (FMI) avec lequel les autorités gabonaises travaillent suite à la baisse des ressources pétrolières. L’institution basée à Washington aide le pays à faire face à ses difficultés économiques liées à la baisse des revenus pétroliers et demande en échange des gages de bonne gouvernance. Le gouvernement s’emploie à donner des signaux positifs et cela passe notamment par une administration plus performante où chaque poste est justifié. Depuis plusieurs mois, l’exécutif s’emploie à couper dans les dépenses publiques et le ministre Otandault a annoncé la suppression de 50 % de la main d’œuvre non permanente (MONP) qui travaille au sein de la fonction publique.

 

Dans un entretien accordé à Gabon Media Time, le ministre du Budget et des Comptes publics fait un diagnostic inquiétant puisque « les charges salariales de cette catégorie (MONP) ont bondi de 4 milliards de Fcfa à près de 32 milliards en  quelques années ». L’engagement financier est insoutenable d’autant que « la qualité des agents recrutés par l’Etat » est insoutenable selon Jean-Fidèle Otandault. Les MONP sont dans l’œil du cyclone et succède aux 6 500 « fonctionnaires fantômes » découverts lors d’un audit.

 

Emmanuel Issoze-Ngondet, Premier ministre jusqu’en janvier 2019, assurait déjà en juillet dernier que les fonctionnaires ponctionnaient « 59 % des recettes publiques, alors qu’une directive de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale fixe ce pourcentage à 35 % ». Le Gabon n’est pas dans les clous et le chemin pour y revenir sera semé d’embûches et de critiques. Ces dernières sont naturellement issues de l’opposition et des syndicats qui reprochent notamment le gouvernement de mettre l’accent sur les effectifs pléthoriques de la fonction publique quand bien même l’exécutif compte 38 ministres.

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